Notre univers socio-économique scruté de près, révèle à bien d’égards un apparent dysfonctionnement de l’appareil de l’État, si ce n’est simplement son absence. Les populations sont exposées à bien d’intempéries. Elles ont faim, peinent à se prendre médicalement en charge, font face à toutes formes d’insécurité  et doivent quitter pour certaines leurs lieux de résidence habituelle pour des zones plus sécurisées. C’est dire que l’incertitude plane et nous impose un régime de survivance. Du coup l’on se demande :

  1. Pourquoi la question de l’emploi des jeunes, avec toute l’expertise qui sous-tend les réflexions autour de  la thématique, ne trouve-t-elle pas de réponses solides et fiables au niveau de nos gouvernements ?
  2. Pourquoi  les réponses aux Violences basées sur le genre (VBG) restent-elles infructueuses, quasi insuffisantes et inadaptées aux défis qui se multiplient ?
  3. Pourquoi l’impunité et le déni de justice qui fragilisent des actions contre les VBG restent-ils en vigueur, malgré les cris et dénonciations ?
  4. Etc.

            Passant aux travers de toutes les phases de la réflexion, nous faisons comme le sage, le constat selon lequel « crier, gémir, pleurer » resterait  « lâche » aussi longtemps que nous n’aurons pas pris en compte, dans notre recherche de solutions, le fait que la connaissance comme berceau de toute solution, repose avant tout sur l’épreuve de l’opposition à ce qu’elle est. En d’autres termes, pour connaître, il faut un duel entre ce qui est et son contraire. Le fil noir n’est identifié que sur un tissus ou fond clair. Le mérite de la santé repose sur la connaissance des affres de la maladie. Le bien-fondé de la paix civile s’inspire des effets dévastateurs de tout conflit armé. Etc. Aussi, l’approche trop académique et intellectuelle qui canalise nos réflexions s’appuie-t-elle  plus sur les apparences, la forme, le rationnel que sur l’essence, le subtil, le fond, etc. Autrement dit, le meilleur processus de réflexion dans ce contexte exige une confrontation constructive entre l’apparence et l’essence, la forme et le fond, le rationnel et le subtil, le physique et le psychique, etc.  C’est donc au cours de ce pèlerinage dans les « voies intérieures » que des réponses à nos multiples questions commencent à jaillir. De nombreuses méthodes sont ainsi expérimentées et nous permettent d’avoir  des possibilités de réponses à l’avalanche de préoccupations qui hantent notre quotidien. Des trois curiosités exprimées ci-dessus, nous nous intéresserons à la deuxième qui nous renvoi à : « Pourquoi  les réponses aux Violences basées sur le genre (VBG) restent-elles infructueuses, quasi insuffisantes et inadaptées aux défis qui se multiplient ? ». Aussi pour mieux explorer les contours de la question, avons-nous initié une enquête dans les trois départements de la Région de l’Extrême-Nord, touchés par la crise qui nous oppose à Boko haram. A savoir : Le Logone et Chari (Waza), Le Mayo-Sava (Mora)  et le Mayo-Tsanaga (Moskota et Koza). Parallèlement, ce sondage  a consisté  dans un premier temps à définir quatre groupes de femmes victimes des VBG, lesquels se présentent comme suit :

  • Ex-otages ;
  • Femmes répudiées (et remplacées par des Déplacées Internes) ;
  • Femmes engrossées ( et abandonnées par les militaires) ;
  • Victimes mariages précoces/forcés.
  1. TAILLE DES POPULATIONS  RECENSÉES
PopulationsKozaMoraWazaTotal%
 Ex-Otages94411221026,92
 Femmes répudiées702217226433,84
 Femmes engrossées421368826634,11
 Victimes mariages précoces/forcés10 30405,13
 Total216162402780100
%27,6920,7751,54100 

2. CAS DES FAILLES CARACTÉRIELLES DÉTECTÉES SUR CES POPULATIONS

 Failles CaractériellesEx-OtagesFemmes répudiéesFemmes engrosséesVictimes mariages précoces /forcés  T.  %  
 Timide /Naïve 44 81,38
 Difficile compromission / Ne se soumet pas38181688013,85
 Réservée / sournoise1412126447,61
 Négligente /méprisante1888 345,89
 Conservatrice24208 529
 Autoritaire36282269215,91
 Hésitante / Infidèle34242048214,18
 Dépensière /avare563430612621,80
 Egocentrique26201046010,38
   TOTAL24616813034578100
%42,5629,0722,495,88100 

3- OBSERVATIONS

  • Ce tableau récapitule les CAS DE FAILLES et non la population cible. Ce qui sous-entend qu’un élément de ladite population peut accuser en lui  plusieurs failles alors qu’un autre n’en souffre d’aucune.
  • Nous remarquons que les défauts de caractère les plus en vue au rang de ces femmes victimes de VBG sont : Dépensière (21,80 %),  Autoritaire (15,91%), Hésitante/infidèle (14,18%), Insoumise (13,85%) ;
  • Les EX-OTAGES sont  la Catégorie de femmes  au rang desquelles, les comportements reprochables sont  les plus élevés (42,56%), suivi directement des FEMMES RÉPUDIÉES qui devraient se reprocher autant que les FEMMES ENGROSSÉES de beaucoup de tares caractérielles : 29,07% et 22,49%

« POURQUOI  LES RÉPONSES AUX VIOLENCES BASÉES SUR LE GENRE (VBG) RESTENT-ELLES INFRUCTUEUSES, QUASI INSUFFISANTES ET INADAPTÉES AUX DÉFIS QUI SE MULTIPLIENT ? ».

     Ce qui précède nous oblige à faire un constat. Notre Cible n’est pas constituée des révérendes sœurs du couvent, encore que celles-ci ne sont pas parfaites. Cependant, il est clair que les tares enregistrées au cours de cette enquête témoignent de ce que, de manière globale, notre environnement social forme des hommes qui ne supportent pas des partenaires réputées orgueilleuses, autoritaires, méprisantes, infidèles et dépensières. Si cela suffit pour justifier les Violences dont elles font l’objet, l’on peut donc comprendre que toutes thérapies proposées contre  les VBG, lesquelles ne prendraient pas en compte  le volet  REPROGRAMMATION PSYCHOLOGIQUE ET MENTALE  et AUTONOMISATION de la femme, n’auront jamais d’issue.  La libération des personnes victimes des VBG passe par une psychothérapie adaptée et loin des joutes juridiques qui caressent le problème sans jamais l’aborder à fond.

  1. REPROGRAMMATION PSYCHOLOGIQUE ET MENTALE  et AUTONOMISATION de la femme

         La REPROGRAMMATION PSYCHOLOGIQUE ET MENTALE exige un ensemble de procédures dont on ne saurait développer ici. Cependant, l’autonomisation réussie  de la femme exige qu’à la base, l’on ait assez de renseignements sur ses prédispositions naturelles. Que peut-elle mieux faire si elle avait des moyens matériels ? Dans quelle sphère d’activités réussirait-elle plus facilement si l’occasion de se faire former, lui était accordée ? Autant de questions et bien d’autres qui ont motivé nos recherches dont les résultats se présentent ainsi qu’il suit.

(Voir prochaine Édition)

https://psydh.com