Un prestataire de service réclame depuis bientôt vingt ans, 

         Plusieurs millions de francs jamais réglés….

Mme MAÏMOUNA, quinquagénaire, Directrice des Ets MAÏMOUNA SERVICES (Commerce général, prestation de services, Restauration, Décoration, Fournitures de bureau) a régulièrement livré en 2004, des fournitures de bureau à l’université de SOA. Elle nous apprend au cours de l’ENTRETIEN qui suit, avoir suivi de façon régulière, toutes les étapes exigées dans la procédure. Et comment donc comprendre qu’au bout de seize ans, elle soit encore dans l’attente de payement de son dû ? Difficile de réagir. Toutefois, nous nous faisons le devoir de procéder à une plus large diffusion de cette affaire qui cacherait bien de mystères !

ENTRETIEN

ODH : Fournitures de bureau réceptionnées à la régulière en 2004 par M. MVILONGO, Comptable matière à l’Université de SOA…. 16 ans plus tard vous êtes encore en attente de payement ?

Mme MAÏMOUNA : C’est ce que je vis sans trop comprendre les mobiles…Et d’ailleurs je n’ai pas appris un seul instant avoir biaisé un seul point de la procédure.

Quel est le montant de ce marché et à partir de quel instant selon vous, s’amoncellent de sombres nuages ?

Il s’agissait d’un gré-à-gré dont le montant lors à la passation était de quatre-millions-cinq-cent- mille francs CFA (4.500.000 FCFA). Après vérification et livraison, J’ai été envoyé chez le contrôleur financier pour le traitement du dossier. À son niveau, le contrôleur financier m’a demandé de diviser la facture globale en deux factures. Et il m’a demandé de refaire d’autres factures. Comme je ne comprenais pas ce qu’il voulait que je fasse, lui-même s’est chargé de faire ce travail et a par la même occasion réduit le montant qui était prévu lors de la passation du marché c’est-à-dire les 4.500.000 FCFA. Et quand je lui ai demandé pourquoi le montant a diminué, il m’a fait comprendre qu’au vu du matériel qui a été réceptionné, il ne pouvait pas le payer à ce montant-là. Le contrôleur financier a décidé d’arrêter la facture à trois-millions-neuf –cent-quarante-sept-mille-sept-cent-quinze francs CFA (3.947.715 FCFA).

Et après ?

J’ai attendu, car la procédure de paiement suivait son cours jusqu’à ce que l’agent comptable M. ABDOUL AZIZ me donne rendez-vous pour le paiement. C’était en début d’année 2005. C’était un mercredi, quand je suis arrivée M. ABDOUL AZIZ l’agent comptable de l’Université qui m’avait donné rendez-vous, était en discussion avec le chauffeur du Recteur Jean TABI MANGA. Il m’a demandé d’aller l’attendre dans son bureau. Quand il est revenu, il m’a dit qu’avec son budget il ne peut pas payer ce marché, qu’il n’a plus rien dans les caisses.

Très déçue ?

Mais pas découragée, puisque de ce pas J’avais saisi le Recteur Jean TABI MANGA. Il m’avait reçu et m’a demandé d’attendre. Il m’a dit que l’Université à des factures de plus de deux-cent millions de francs CFA (200.000.000 FCFA) à payer aux différents prestataires et que je ne suis pas la seule. Après lui, c’est au Ministère des Finances que je m’étais rendue. Là-bas on m’a demandé de monter un dossier pour déposer à la Caisse Autonome d’Amortissement que certainement l’argent a été renvoyé à leur niveau, ce que j’ai fait sans succès. J’ai saisi le ministre des finances en 2008 et en 2014, et à chaque fois j’ai toujours été renvoyée à l’Université de SOA. En 2016, j’ai une fois de plus saisi le nouveau Recteur feu OUMAROU BOUBA, sans suite….

Etiez-vous là à votre première expérience des Marchés Publics ?

Non, mais la dernière…

Que deviennent les Ets MAÏMOUNA SERVICES et sa promotrice ?

J’ai fait un dépôt de bilan aux impôts cela fait déjà dix ou onze ans aujourd’hui. Donc la Société est morte d’asphyxie et sa directrice que je suis réduite à la survivance sans aucun appui. J’ai vidé mon compte pour rembourser toutes les dettes consécutives à cette opération manquée à SOA.

http://psydh.com