Ou l’Affaire d’un jeune débrouillard qui risque la prison suite aux micmacs de son bourreau d’hier,  jugé, condamné, jamais incarcéré et décidé de régler ses comptes…

ENTRETIEN

Il s’appelle CHECK EMIL MOH, 31 ans, débrouillard domicilié à NKONIAKE-BAKEM, dans l’arrondissement de BARE, département du MOUNGO. L’ENTRETIEN qu’il nous accorde ci-dessous publié, est la preuve inéluctable que notre appareil judiciaire souffre d’un profond dysfonctionnement que l’on ne saurait taire. « Ça ne va pas » comme disait l’artiste ! Il faudrait bien que l’on en parle.

OBSERVATOIRE DROITS DE L’HOMME : Vous nous avez dit en Off, que « Ce qui arrive aux autres, commence déjà à vous arriver »…. En fait de quoi est-il question ?

CHECK EMIL MOH : Je vous citerai juste des temps forts d’une expérience que je vis depuis bientôt 05 ans. En 2014, une maman, veuve de son état, me vend librement une maison. Toutes les dispositions légales sont prises par l’intéressée afin que je puisse jouir tranquillement de cet acquis. Tout se passe bien jusqu’à sa mort. En 2015, je prends l’initiative d’investir sur ce terrain. Mais curieusement, M. ESSANGA NKONGO  Adolphe le Chef de village s’y oppose farouchement. Au-delà de cette guerre ouverte, les gris-gris sont exploités pour me déposséder définitivement de cette terre et pourquoi ne pas redouter une éventuelle élimination physique ? Dès cet instant, je saisis la justice. Le TPI de Nkongsamba le condamne et lui décerne un mandat d’arrêt. Le  Jugement N° 348/COR du 28 juin 2016 en fait l’économie. A ma surprise totale, il n’a jamais purgé sa peine. Cela peut se comprendre puisqu’entre-temps, il a interjeté appel. Mais au bout de dix-huit mois que dure les renvois, il ne s’est jamais présenté à la Cour d’Appel à Douala. Malgré tout, il perd le procès, voit sa peine réduite et un autre mandat d’arrêt  décerné contre lui. Là encore, il est libre et n’a pas pu purger la nouvelle peine comme le rappelle bien l’Arrêt  N° …../P du  02 Octobre 2018 encore moins a-t-il été arrêté.

Votre récit semble ne pas surprendre le commun des Camerounais, habitué à voir ce genre de cinéma et parfois plus acerbe…Mais dites-nous à quel niveau votre cas est-il  particulier ?

Au lendemain de l’Arrêt du 02 Octobre 2018 qui a consacré mes droits, je décide de relancer mes travaux sur le terrain  « querellé ». Mais à ma surprise, M. ESSANGA NKONGO Adolphe et son frère entrent dans ce terrain et déracinent tout et sous fond de menaces. Au moment où je me demande comment un Prisonnier peut se retrouver au quartier en train de perpétuer les gaffes qui d’ailleurs justifient sa dernière condamnation, c’est en ce moment qu’il décide contre moi, de saisir le TPI de Nkongsamba par une plainte où il m’accuse d’avoir volé son matériel de construction qui s’élève à plusieurs millions de nos francs.

La  réaction du Tribunal ?

Le Tribunal semble donner raison à M. ESSANGA NKONGO Adolphe puisqu’il m’est demandé de devoir les lui rembourser avec des risques d’être embastillé au cours de la prochaine audience qui s’ouvre la semaine prochaine.

Qu’en saviez-vous ?

Je suis surpris. Voyez-vous que c’est moi qui subis sur ce terrain depuis bientôt 05 ans. Le procès contre lui m’a coûté cher. Rentré  après la Cour d’Appel,  c’est encore lui, supposé être en prison qui revient et détruit tout sur le terrain. Y Verse les matériaux de construction, ce qui sous-entend qu’il voudrait y construire. Puis un jour, il m’accuse sans preuves de lui avoir volé les tôles.

Etes-vous assisté d’un avocat ?

Non, je n’en ai pas pensé pour 02 raisons :

  • Je suis financièrement épuisé par cette affaire dont les grands axes me donnent raisons : A Nkongsamba, j’ai gagné. Mon adversaire a interjeté appel, là encore je l’ai battu en Appel à Douala.
  • Je crois à la Justice, je crois au Ministère Public…Voyez-vous que cet homme depuis bientôt 05 ans vient m’agresser sur mon terrain. Il est jugé, condamné et interdit de mettre encore pied sur mon terrain. Mais à ma grande surprise, malgré toutes ces condamnations, non seulement il est libre, mais revient sur le même terrain dans le but d’y investir…Je crois que c’est suffisant pour que la justice prenne ses responsabilités. D’ailleurs en quelle qualité, je me demande, a-t-il porté plainte ? En tant que prisonnier ou citoyen libre ?

Malgré votre perception positive vis-à-vis de cette Justice, vous semblez ne pas percevoir les risques d’être condamné par elle, suite aux charges qui pèsent sur vous…

En quoi ces charges sont-elles fondées ? Que fait-il sur un terrain dont l’accès lui est prohibé ? Comment son matériel a-t-il pu s’y trouver ? Je ne suis pas voleur, mais me convaincs de ce que,  mon adversaire après avoir échoué par le mensonge et la violence puisqu’il est battu en justice, échoué par la sorcellerie puisque je suis un des fidèles serviteurs de  Jésus-Christ dont le précieux sang dilue toutes les fétiches et les transforme en bénédictions pour ceux qui sont attaqués, il estime qu’il est temps de me noyer à travers cette accusation de vol pour laquelle je plaide non coupable. Dans tous les cas, je me remets entre les mains du CHRIST qui n’a jamais failli, ne faillira point et  souhaite que la Sagesse ou mieux l’intime conviction des magistrats éclaire leur lanterne.

http://psydh.com

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