Moussa Oumar, 28 ans est arrêté autour du 07 février dernier, peu avant 09h au lieudit BIA. L’interpellation des militaires semblent à son avis, s’inscrire dans le cadre des contrôles de routine des fantassins dans cette zone. Mais à sa surprise, il est transféré de BIA au poste avancé de l’armée situé à GANSE, où il verra de toutes les couleurs. L’Entretien qui suit fait étalage de la décrépitude morale qui arpente les rangs de nos forces de défense où certains militaires donnent l’impression chaque jour, de vivre la difficile mutation de bandits de grand chemin qu’ils auraient été, au soldat moderne qu’ils sont devenus avec toutes ses exigences.

ENTRETIEN

Vous êtes arrêté peu avant 09h, puis conduit par les militaires à leur base de Gansé…Comment êtes-vous conduit à Gansé et dans quelles conditions ?

A bord d’une moto conduite par un militaire et bâchée par un autre militaire. Je suis donc au milieu après avoir été brutalisé et minutieusement fouillé au niveau de BIA.

Pouvez-vous les reconnaître ? A quelle Unité appartiennent-ils?

Je peux les reconnaitre. Ce sont les militaires différents du BIR. Apparemment ce sont des militaires de Mora détachés à GANSE.

Une fois arrivé au sein de leur base de GANSE, qu’est-ce qui s’est passé ?

Ils étaient environ 9 ou 10 militaires, qui me frappaient chacun à son tour. Certains avec le gourdin, d’autres avec les pieds et les mains. Je suis libéré autour de 20h avant de constater qu’ils m’ont soutiré la somme de cent quinze mille francs.

A quel moment avez-vous constaté que cette somme avait été soutirée ?

Au moment de ma libération, lorsqu’ils m’ont remis mon porte-monnaie arraché à BIA, j’ai constaté qu’il ne s’y trouvait que ma Carte Nationale d’Identité. L’argent avait changé de place.

Quelle est la provenance de cet argent et que faisiez-vous dans la rue avec ce montant ?

Je suis cultivateur et commerçant. Cet argent fait partie de recettes suite à la vente des oignons et j’avais des achats à faire ce jour-là.

Vous êtes victime de ce pillage en début du mois de Février…. Pourquoi avoir attendu plus d’un mois pour réagir ?

J’étais souffrant.

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