Mahama Boukar Babba dit ZIKO

            Mahama Boukar Babba dit  Ziko, compte parmi les jeunes loups qui incarnent pour le Mayo-Sava, la valeur et compétences requises pour les challenges à venir. Ceci est d’autant plus vrai que,  dans un environnement sociopolitique terne,  exsangue, et souffrant d’un déficit criard d’esprit d’innovation, des hommes de sa trempe ont tout le mérite d’être portés aux plus hautes fonctions locales. Il est temps que la destinée des masses soit confiée aux hommes politiquement vierges et  issus des rangs de « la génération sacrifiée». De ces rangs, comptent des gens chez qui, un bout de pain mangé est le fruit d’un effort inlassable, plus tôt que la résultante d’un achat malsain des consciences qui stérilise toute initiative de l’âme au profit des lugubres ambitions d’un tiers. L’an 2019 se veut un moment de réflexion pour un choix réfléchi. Ce n’est ni la couleur d’un  parti  politique, ni l’effigie d’un leader politique au bilan mitigé qui devrait influencer le choix. Il faut de la valeur et la compétence pour qu’un homme soit  plébiscité. Et pour le cas de figure, M. Mahama Boukar Babba dit  Ziko   du haut de ses 28 ans de militantisme politique, assorti d’un sens de probité et de fidélité,  a su garder la dragée haute sous des vents dévastateurs et dévorants des corrompus infâmes qui se servent de la famine et misère des masses pour les manipuler. Son sentier politique est parsemé de son « NON » héroïque face aux propositions mirobolantes des tricheurs d’en face, qui ont cru devoir le détourner des profondes convictions qu’il a du SDF. Aurait-il cédé au cours  des grands tournants politiques de notre histoire des 25 dernières années, qu’il ne serait pas aujourd’hui  ennobli sous les feux de son incontestable aura dans le mayo-Sava en général et l’Arrondissement de Mora en particulier. Aussi son carnet d’adresses ne permet-il pas de deviner sa formation politique, puisqu’il compte  dans toutes les chapelles politiques, des progressistes qui le soutiennent dans son combat. C’est pour toutes ces raisons et bien d’autres que nous lui tendons notre micro, afin de recueillir son avis sur des sujets brûlants. Pourquoi ne pas le faire ?

ENTRETIEN

Voici bientôt six mois qui nous séparent de la dernière élection présidentielle laquelle a vu le rêve d’ OSHI Josuah, votre candidat brisé. Quel temps fait-il dans les rangs des militants de votre formation politique à Mora ?

Merci de me passer la parole. Surtout, je voudrais préciser que faute d’une autorisation de ma hiérarchie (le  NEC) je m’abstiendrais ici de me prononcer au nom du Parti. Qu’il soit donc précisé que mes propos dans cet entretien m’engagent et ne devraient point servir de position  Officielle du SDF. Pour revenir à votre question, je dirai qu’un enfant de 28 ans ( ndlr : Age du SDF lancé le 26/5/1991) a déjà connu 4 septénaires et sur cette base, dispose en lui, assez de ressorts pour amortir dans le calme, le silence, la sérénité et le stoïcisme, certains revers de la vie. Notre dérive a été un non-événement face à un système habitué aux manipulations des données. Ce qui compte est la capacité de tirer les leçons de chaque manquement et de mieux s’armer pour de nouvelles aventures.

Est-ce à dire que ceux qui contestent la victoire du Candidat du RDPC le font par immaturité politique ?

Non, chacun a son expérience et celle-ci est liée à ses ambitions. Je ne saurais porter un jugement sur d’autres partis. J’ai pour eux beaucoup de respect. Pour autant,  seul le cas SDF me préoccupe.

Le Prof. Maurice Kamto et  nombreux de ses militants sont en détention…Pensez-vous qu’ils en ont fait un peu de trop ?

Tout est choix. Le MRC a son approche idéologique. Si ses responsables sont en prison, je le regrette bien. Mais sous l’angle spirituel de la question, je pense que tout ce qui se passe, s’apparente au prix à payer, au sacrifice à consentir, pour atteindre ses objectifs. En 1992, après avoir volé la victoire de Ni John, la même fratrie politique en place lui avait imposé une autre forme de prison. On parlait de l’État d’urgence avec NI John contraint à une résidence surveillée, précédée par plusieurs atteintes à sa sécurité. Voilà aussi entre-autres, ce qui a permis au Chairman de s’imposer sur la scène politique, assurant par-là, la maturité et  le rayonnement incontesté et reconnu du SDF…

Sur la plan purement social, votre département vit jusqu’à lors, une ambiance sécuritaire pas assez gaie…quelle lecture en faites-vous ?

La situation est largement maîtrisée, nonobstant des petits nids qui certes imposent vigilance, mais servent à distraire la galerie. Mon département connaît une détente évolutive qui ne devrait pas servir de motif de récréation. « L’ennemi ne dort jamais » nous interpelle un monument de la musique mondiale. C’est vous dire que les cas isolés ça et là restent préoccupants, mais ne sauraient contredire le retour effectif bien que fragile de cette paix.

Justement on se souvient que des ONG humanitaires ont investi la zone et apporté leur soutien multiforme aux masses en détresse. Aujourd’hui, dans ce contexte de « retour effectif bien que fragile de la paix » comment appréciez-vous leur présence encore visible ?

Imaginez votre épouse en pleines contractions prénatales et quelqu’un qui en votre absence la conduit à l’hôpital sans exiger un franc de vous …Et de fait choisi d’attendre sur place jusqu’à ce que tout soit assuré tant pour elle que pour le nouveau-né. Sous-entendu que vos poches  toujours vides n’ont pour seul  mérite que celui de recevoir puis qu’incapables d’offrir…Seriez-vous prêt à dire à celui-là resté aux aguets de rentrer chez lui ? Ces ONG ont  fait de nos villages et ban-lieux, de grandes villes, de grands carrefours qui forcent admiration…Non laissons-les paix.. Elles sont ces lumières que le fondateur de la foi chrétienne conseille de ne pas mettre sous le boisseau. Laissons-les éclairer les contrées, permettons-leur  de nous conduire à la grande croisée des peuples émancipés et libres dont parlait  Léopold Cedar Senghor.

Pourtant des langues se délient en  reprochant à leur personnel (des ONG) une certaine complicité dans le détournement des denrées alimentaires…N’est-ce pas gênant de faire confiance aux pompiers qui se révèlent être plutôt des pyromanes ?

Ces ONG selon l’éthique ne choisissent pas avec qui travailler. Ce sont nos autorités qui leur confient des auxiliaires. Et si de là,  ces auxiliaires au rang desquels certains chefs traditionnels par ruse détournent les objectifs de l’ONG, c’est au gouvernement d’assurer les conséquences, et non ces ONG qui juridiquement ne sont pas habiletés à engager des poursuites judiciaires contre ces voleurs. Il  y a eu certes des voleurs connus, mais à quoi aura servi le butin puisque toute accumulation de biens mal acquis, programme de manière juste et certaine, notre déchéance ? Quel voleur d’il y a 20, 30, 40 ans est heureux aujourd’hui ? Vérifiez et vous constaterez qu’enfin de compte, le voleur n’est qu’un faux footballeur vêtu d’un maillot et qui en 90min règlementaires, a passé le temps à courir, à transpirer sans jamais initier une action quelconque et à la sortie, il vous dira comment l’arbitre a été sévère, sinon il aurait marqué au moins cinq buts. Voler c’est  accumuler ce que tôt ou tard les Lois de la Vie nous obligeront de restituer.

Il y a pourtant eu des dénonciations restées sans suite..

Non, je me souviens des actions fortes et saluées de l’ONG « RESCUE » qui a procédé à une sécurisation de ses dons contre des voleurs qui les vendredis sont des modèles à la mosquée et le reste du temps, de véritables tricheurs qui font du djellaba, ce vêtement noble, un sac de secours pour leurs butins. D’autres ONG l’ont aussi fait, mais avec faibles amplitudes.

Selon vous, laquelle de ces ONG au regard de son déploiement et l’impact de ses activités, mérite la palme d’or ?

Toutes ont le mérite. Mais très peu sont ouvertes à la critique. Je suis gêné de me livrer à cet exercice. Mais tout compte fait, il faut se prononcer. Vous me demandez de choisir une ONG, mais  j’en choisirai deux, avec des objectifs différents. Au niveau de l’Emploi,  MÉDECINS SANS FRONTIÈRES a permis à Mora en général et Kourgui en particulier, de s’arrimer à une forme de modernité qui était restée l’apanage des profiteurs et zélés-sans-âmes du régime en place. Ses nombreux employés à travers leur investissement ont recoloré le département, se sont bâtis une fondation-vitale solide, vivent bien, mangent mieux et de nombreuses maladies comme l’appendicite et autres endémies  ont disparu. Cela en dit long.  Par contre sur le plan de l’encadrement des victimes de guerre et de la réinsertion socio-professionnelle, INTERNATIONAL RESCUE est incontestablement la meilleure. C’est dire qu’en matière de Santé et emploi, MÉDECINS SANS FRONTIÈRES est champion. Par contre INTERNATIONAL RESCUE a comblé toutes les attentes dans le giron de l’HUMANITAIRE, vu sous toutes ses façades. C’est exceptionnel et en même temps magnifique, voyez-vous !!!

Nous avons appris, s’agissant des détournements des denrées alimentaires, que cela servi à aggraver les clivages religieux dans la zone…Et si cela est vrai, comment l’homme politique que vous êtes entend-t-il solutionner ce problème ?

Voyez-vous la faute incombe aux autorités administratives et traditionnelles qui au moment du Casting ont exclu des animistes et chrétiens, privilégiant des complices  et frères musulmans. La conséquence veuille que, ces groupes  exclus ( animistes et chrétiens) se soient sentis frustrés et au moment du partage, il n’y a pas qu’eux qui ont payé. Même des musulmans  n’ayant pas de liens de sang ou de vol avec ces auxiliaires des ONG se sont vus tout aussi écartés. Mais comment résoudre le problème ? En attendant mûrir mon projet, je puis vous dire que Dieu n’est pas distrait. Il me semble au regard de mon observation, que Dieu est  en train frapper tous ces voleurs, tous ceux qui de près ou de loin ont détourné les droits de déplacés. Quelques illustrations qui ne me trompent point. De nombreux voleurs ont connu diverses fortunes :

  • Enfants décédés dans des conditions difficiles à expliquer ;
  • Maisons et voitures incendiées sans que l’on ne sache comment;
  • Champs achetés (par le voleur des dons) mais arrachés plus tard parce que le vendeur n’en était point habileté ;
  • Divorces catastrophiques où le voleur des dons pleure tout l’investissement qu’il a effectué ;
  • Maladies graves qui causent d’énormes dépenses médicales ;
  • Démêlés avec la justice qui occasionnent des dépenses colossales dans le sens d’étouffer l’affaire…
  • Voleurs des dons, surpris en flagrant délit d’adultère et/ou d’inceste
  • Voleurs de dons, en justice pour violences ;
  • Bien plus encore…

Comment préparez-vous les prochaines campagnes ?

Dans la sérénité et loin des sirènes qui crient et tentent de m’affaiblir. Je voudrais solutionner à la limite de mes forces, les fléaux qui minent notre société :

  • La discrimination religieuse : Dans certaines chefferies traditionnelles, des filles musulmanes sont  terrorisées et humiliées pour avoir fait des enfants avec  des hommes chrétiens. Toutes choses qui s’expliquent et pour lesquelles l’on devrait (selon les défenseurs de l’Islam) scruter les causes et les effacer, plutôt de faire souffrir ces jeunes filles et enfants indésirables nés parce que leurs mamans n’ont pas voulu provoquer des avortements.
  • Violences de certains us et coutumes :   De nombreux us et coutumes interdisent aux filles non mariées et sous le toit de leurs parents, de faire des enfants. Et dès qu’un cas survient, celles-ci aux périls de la vie, préfèrent se faire avorter, plutôt que d’être rejetées par leurs géniteurs. Ce sont des dispositions culturelles à repenser puisque notre pays compte au rang de ses fils influents et même célèbres, des enfants adultérins, nés de pères inconnus. Pourquoi y voir une question d’honneur vilipendé au point  de pousser ces jeunes filles au suicide ? Un cas récent de suicide d’une jeune fille, assez gênant suscite encore beaucoup d’émois dans la masse, est là pour nous interpeller à plus d’indulgence et à la modernité.
  • Mariages forcés sont toujours en vigueur et fragilisent gravement notre tissu social.
  • Consommation des drogues : Bien qu’en baisse devrait être éradiquée. Je discute avec des Psychologues qui devraient m’accompagner dans ce grand chantier.

    Propos recueillis le 23 Février 2019

http://psydh.com

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