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Par  Emmanuel  MOMO-KENNE

RECODH : des stratèges ou un solfège ?


Lorsqu’on parle de société Civile dans le monde, c’est toujours avec
respect par les populations et peur par les tenants du pouvoir. La
société civile comme nous l’avons vu dans le Maghreb (pour ne citer
que le cas récent de notre Continent), s’est imposée  non seulement en
Stratèges, mais surtout  en  une organisation dynamique, réfléchie,
cohérente et active. Elle a produit des résultats qui lui valent toute
l’admiration du monde entier. Toutefois, convaincus que les conditions
qui prévalent chez nous, ne sont pas identiques à celles qui ont
encadré la réaction des maghrébins, il y a tout de même lieu de
reconnaître que loin d’être de stratèges comme pensent les victimes
des injustices chez nous, nous  nous affirmons beaucoup plus comme
étant  un solfège des droits humains, c’est-à-dire  dans notre
compréhension, un  simple  et très bon recueil de grandes actions, de
grandes formules, sans  pour autant être réellement prêts à bondir,
prêts à réagir, prêts à bousculer les injustices. Pour illustrations,
deux  exemples sur la multitude :

(1)     Plusieurs de nos  confrères  du  MDDHL à Maroua, ont subi une
avalanche d’arrestations et  de séquestration de la part d’un
Procureur résolu à nous réduire au silence (Il est  l’orfèvre de la
condamnation en  Février 2007  par le  TPI de Kousseri, d’un de nos
collaborateurs). Malheureusement  pour ceux-là, nous n’avons jamais
réagi. Ils continuent de peiner sous nos regards d’agneau. Toutes
choses qui font penser  que nous serions des fainéants sans âmes. Si
non, comment  admettre qu’une arrestation arbitraire soit protestée de
l’extérieur alors que les acteurs que nous sommes au pays, n’avons
daigné  lever le ton?

(2)     Récemment, nous  avons saisi le RECODH au sujet  de  M. BOUBA
ISMAEYLA  BAH, jeune homme  de 31 ans qui est  en détention provisoire
au bagne de Mora. Et pour causes, le Président  de l’Assemblée
Nationale (voir  fichier  joint) l’accuse d’avoir publiquement  promis
de l’assassiner.  Or, depuis  le 25 janvier date de son arrestation à
ce jour, aucun témoin  ne s’est présenté contre lui et curieusement,
le Parquet  Général de l’Extrême Nord avait  dessaisi le parquet
d’Instance de Mora de cette affaire, en récupérant le dossier de M.
BOUBA. Toutefois, L’exploitation cursive de son dossier fait remarquer
qu’il est mis sous mandat de dépôt depuis le 31 Janvier 2013 avec pour
motif : MENACES SOUS CONDITION. Notre ballet entre les deux
Institutions judicaires laisse une saveur de  mauvais goût. Et pour
cause, MORA reconnaît sous cape que le dossier de BOUBA est vide, mais
qu’il ne peut bénéficier d’une mise en liberté provisoire dès lors que
ce dossier  est introuvable. A Maroua, on nous apprend  en s’assurant
qu’il n’ y a pas de mouche qui vole, que BOUBA est victime des ennuis
politiques et que le  Procureur Général (RIP) décédé avait pris
l’affaire en main. Que faire donc ? Saisir un Avocat. Or, la famille
est démunie et ne peut s’en offrir. Le  RECODH une nouvelle fois est
saisi, plusieurs autres imminents juristes et Organisations membres du
RECODH sont saisis individuellement par nos soins. Certains exigent au
préalable des frais d’Intervention, d’autres se précipitent à des
promesses d’action. Les familles sont assurées et galvanisées autour
d’une réaction véritablement chevaleresque qui s’est plutôt effilochée
pour ne devenir qu’une froide distraction ubuesque. Et pour causes :
Aucune réaction promise n’a suivi. Au téléphone quelques-uns effarés
par leur promesse fallacieuse ou leur soif du gain non atteinte n’ont
plus voulu décrocher nos appels. Par contre, si un autre endeuillé n’a
pas pu réagir comme convenu, l’on devrait tout de même saluer la
célérité avec laquelle le Prince NASSER KEMAJOU de l’ODHPC a géré
l’affaire. Il a d’abord saisi par écrit et sous notre couvert, le
Parquet Général, discute régulièrement avec la famille de BOUBA et par
la suite, serait actuellement en contact téléphonique avec quelques
magistrats du Parquet Général.….Mais tout seul, que peut-il produire
en peu de temps ? A ce jour, la solution tarde, elle a l’air de se
compliquer. BOUBA mal nourri pour de raisons de pauvreté, souffre d’un
début d’hypertension artérielle qui devrait se compliquer  avec
l’emprise du Jeune de Ramadan qui  commence ce Mardi.

BOUBA est seul face à un  dinosaure qui nous fait peur. BOUBA et sa
famille ont cru à notre efficacité qui pourrait/devrait  s’évanouir en
cuisant désespoir et donner du coup les assurances aux tortionnaires
qui nous regardent que nous ne sommes que des bavards sans réelle
capacité d’action. Et pourtant !

RECODH, Stratèges ou solfège ?
La question demeure…….

Le 08 Juillet 2013

 

http://psydh.com

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