20181224_105159 +Mme AMA  AWAMI

Elle s’appelle  AMA  AWAMI , 25 ans, mariée et mère de six enfants, domiciliée à MATAKAYA-ELIE, AMCHIDE. Elle compte parmi ces rares personnes ayant survécu aux impacts des engins explosifs. Son histoire assez pathétique croise les réalités de notre pays où, dès que l’occasion de s’emplir malicieusement les poches se présente, on s’y met et s’y agglutine. Qui en sont les perdants ? Ce sont ces bénéficiaires obligés de raser les murs, à défaut simplement de transiter dans d’autres plans, en attendant le jugement dernier. Dans tous les cas, disent-ils, « la chèvre broute où elle est attachée ». Mais à quels prix ? Jusque quand ?  L’ENTRETIEN qui suit bien que bref, reste gênant et laisse dubitatif  au regard de la morale publique.

Vous  dites être une des victimes de l’explosion des engins des kamikazes…Comment expliquez-vous cela madame ? Cela s’est produit où et quand ?

Effectivement, j’ai échappé à la mort il y a presque dix mois (ndlr : Février ou Mars 2018) à Matakaya-Elie. Ce jour-là, nous étions trois : deux femmes à savoir Mme Amazené Amada plus moi et le seul homme nommé Salé Hisseni. La femme kamikaze nous a suivis et a explosé pendant qu’on se débrouillait à fuir. Cette histoire est vraie, puisque Salé Hisseni et moi avons survécu à cet attentat. Lui il est bel et bien en vie.

Comment peut-on vérifier autrement ce que vous dites ?

Après  l’Explosion, ce sont les militaires du  BIR qui nous ont conduits à l’Hôpital de Mora où j’ai passé quarante jours d’hospitalisation. Salé Hisseni  et moi y étions internés. Et durant ce temps, beaucoup de gens, des grands venaient nous rendre visite et régulièrement prenaient des photos. Je n’ai aucun intérêt à mentir. Vous avez des pistes de vérifications…

Comment avez-vous su que vos droits ont été détournés ?

Après  plus d’un mois d’hospitalisation, nous avons appris qu’il y a de l’argent qu’on allait nous donner pour nous soutenir.  Et pour  obtenir cet argent, il fallait faire les papiers.  Je n’ai pas pu le faire à temps, puisque je ne disposais pas d’une Carte Nationale d’Identité (CNI). Entre-temps, Salé Hisseni a engagé la procédure et a reçu de l’argent.  Ils m’ont dit qu’une fois ma CNI établie, j’entrerais dans mes droits. Une fois en possession de  ma CNI, je me suis à mon tour lancée dans la procédure. On m’a rassurée de l’issue. Je savais que j’allais être dédommagée comme Salé Hisseni. Mais, voici dix mois que cela dure et rien n’est clair…

Qui était votre interlocuteur durant cette procédure ?

Pas mon interlocuteur à moi seule, mais aussi celui de  Salé  Hisseini.  Il s’appelle A. J., l’un des  Chefs des Comités de Vigilance.

Avez-vous informé les autorités de Kolofata avant de nous rencontrer ?

Non, tous ceux à qui j’ai exposé ce problème m’ont conseillé de rencontrer les Droits de l’Homme avant tout parce que les autorités-là …..je ne dis pas !!!!

Qu’attendez-vous de nous ?

Que vous m’aidiez à entrer dans mes droits en assurant ma protection contre ces bandits qui  nous épient et s’enrichissent sur nos dos.

M.K

 

http://psydh.com

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