images-femme-violeetortures militaires

Ces images ne sont pas de l’Extrême-Nord, mais elles  nous servent de relief

C’est qui l’esclave ? Selon  38 dictionnaires et Recueil des correspondances, l’esclave est une  « personne qui est sous la dépendance absolue d’un maître ». En d’autres termes, l’esclave peut aussi être une personne soumise à, ou mieux dominé par.  Et dès lors qu’on observe de près le quotidien des Déplacés, il devient facile, pratique et aisé de constater par analogie à la définition qui précède, que les personnes déplacées dans le cadre de la crise de Boko Haram, sont ni plus ni moins, de véritables esclaves des temps modernes. Ils font l’objet de toutes formes d’exploitation dans un univers hostile où :

  • Soumission absolue leur vaut protection physique ;
  • Silence et obéissance aux  hôtes leur assurent  le droit de présence sur le site ;
  • Réclamation de leurs privilèges leur vaut humiliation sur la place publique.

ILLUSTRATION

  • 24-25 Juin 2018: Cabaret de ASTA, quartier ARAZAYE, Kousseri, un militaire ouvre le feu et tue froidement  un autre militaire et un civil. Parmi les 11 blessés, se comptent de nombreux Déplacés.

IMG_20180610_123340

Hôpital de Koza, Sanctuaire de Lucifer?

  • Mai 2018 : L’hôpital Adventiste de Koza vient de servir de site à une nouvelle crucifixion de Jésus-Christ. Comment ne pas le dire, puisque un Etablissement Médical fondé sur la foi chrétienne ne saurait se transformer comme c’est le cas de Koza, à un repère de fauves qui spécialisés (en avortements comme cela s’est déjà produit il y a quelques années), qui en viols en série. Le cas recent est suffisant pour nous éclairer. Mme  Z. G,  âgée de 25 ans, Déplacée, mariée et mère de plusieurs enfants est victime d’un viol par un infirmier de cet hôpital. Voici l’Entretien qu’elle nous accorde :

ENTRETIEN

Madame comment arrive le viol ?

J’ai fait l’objet d’une opération chirurgicale le 26 février 2018. Tout s’est bien passé  et le pansement se déroulait aussi bien jusqu’au jour, Monsieur B.M, infirmier, m’a violée..

 

femme violée à Koza

                                                                   Mme Z. G,  Une DEPLACEE  violée et humiliée

Peut-on savoir les circonstances au cours desquelles se produit le viol ? Comment vous a-t-il violée ?

Ce jour-là était le dernier jour du pansement. Cela se passe à l’intérieur du bloc opératoire. Il me dit que généralement, après le dernier pansement, il procède au nettoyage du vagin. C’est ainsi qu’il me dit de retirer mon slip afin de procéder à ce nettoyage. Je n’ai pas de choix, puisque c’est quand même un homme de métier qui parle. Une fois déshabillée, il a sauté sur moi (……..) et s’est introduit dans mon corps.

Votre réaction en ce moment-là ?

Je me battais en criant.

Avez-vous la certitude qu’il s’est introduit en vous ?  A quel moment s’est-il déshabillé pour ne pas susciter votre attention ?

Il m’a mouillée à l’intérieur. Je le confirme. Mais il ne s’est jamais déshabillé. Je constate que son acte  s’est  fait par la fermeture du pantalon. Voilà ce que je peux dire.

Et après ?

Trois jours après ce viol, mes selles et urines étaient tachetées de sang. J’ai rendu compte au médecin-chirurgien du viol qui à son tour a informé l’administrateur. Après enquête, le violeur est passé aux aveux. Le  Dr  Salomon Kwere Kwere (ndlr: Congolais) et mon bourreau  ont donc entrepris la négociation. Après avoir tenté en vain d’acheter mon silence avec 50 mille francs, j’ai suggéré pour cet arrangement et à la charge de mon violeur, Trois points :

  • Test du VIH et MST ;
  • Prise en charge au cas les tests seraient positifs ;
  • Prise en charge Sociale.

Quelle en est la suite ?

Aucune réaction de leur part. Au contraire, je me trouve humiliée et sans aucune considération après le tort que cet homme m’a infligé. Il m’a dit de lui foutre la paix et que rien ne pouvait lui arriver quoique je ferai contre lui. Je ne suis pas la seule DEPLACEE  à subir le viol. D’autres en font face chaque jour. C’est notre lot. Nous n’avons pas de force et comptons sur vous les Droits de l’Homme.

Traduction de la langue  Mafa  par  Jean  ZEBAÏ

AUTRES  ILLUSTRATIONS

  • 31 Janvier 2018, un Caporal-chef vexé et déçu de n’avoir pas humé  les miasmes charnels  d’une Déplacé comme convenu avec elle,  se fâche et abat six personnes au quartier  Djabba à Mora.
  • Mars 2017 : Quatre déplacés en désaccord avec M. Oumaté, le monarque de Kourgui sont qualifiés par ce dernier de « suspects  ». Ce dernier fait appel à son cousin, le Délégué Regional de la sûreté Nationale qui ne tarde pas à instruire au Commissaire de Sécurité Publique de Mora l’urgence de procéder à l’arrestation des quatre. Les quatre sont arrêtés par les policiers de Mora et à l’insu du Chef de Poste de police de Kourgui. Après avoir dénoncé  la nature brutale et surannée d’une telle arrestation, nous avions obtenu leur libération. Source : https://psydh.wordpress.com/2017/03/09/cameroun-extreme-nord-04-deplaces-arbitrairement-grades-a-vue-sur-instructions-du-delegue-regional-de-la-surete-nationale/
  • Décembre 2016 : dans le Cadre de l’Assistance alimentaire octroyée par le PAM, un recensement des Déplacés est exigé. Cependant, au moment du partage, ces déplacés, véritables cibles desdites assistances, sont surpris de constater que les noms enregistrés sont plutôt les cousins et complices des hôtes. Sur ce point, Boukar Yerima déplacé riposté et dénonce la mafia lorsqu’il déclare  « Au cours des trois distributions des dons du P.A.M (programme Alimentaire Mondial) ici à Kourgui, le Chef OUMATE a brandi une liste des déplacés bénéficiaires. …Mais à ma grande surprise, de tous ceux-là il n’y avait aucun déplacé…Je dis bien aucun. Ces gens n’étaient pas connus de nous.. »  M. Oumaté alias Tsomé, ci-devant Chef traditionnel du groupement kourgui dans son arrogance habituelle et ses envolées despotiques réagit.  Boukar Yerima est non seulement  bousculé  par ce roitelet qui le cravate, mais placé en garde-à-vue  au Poste de Police de la place sur ses instructions. Il a fallu l’intervention du sous-Préfet  Pierre Menyié pour que ce sexagénaire recouvre la liberté, mais aussi qu’un nouveau recensement  fut fait.  Référence : https://psydh.wordpress.com/2016/12/12/cameroun-extreme-nord-qui-sont-les-reels-destinataires-de-lassistance-alimentaire-internationale/
  • 2015 : Les Agents de la Croix Rouge de Koza procèdent au plus grand pillage des dons destinés aux déplacés. Notre dénonciation n’a pas eu l’effet escompté. De nombreux Déplacés continuent de subir des traitements des plus désobligeants : Source : https://psydh.wordpress.com/2016/10/12/cameroun-croix-rouge-dans-de-sales-draps-et-le-silence-du-gouvernement/

Emmanuel  MOMO

 

http://psydh.com

 

 

 

 

 

 

 

Publicités