boko haram

Il y a bientôt un mois, le village KASSA 1,  Canton Podoko Centre, arrondissement de Mora,  Département du Mayo-Sava, subissait en l’espace de quelques jours, deux invasions terroristes de BOKO HARAM. La première attaque échoue après que les terroristes aient tenté en vain d’emporter le bétail. La deuxième par contre se solde par un pillage systématique avec à la clef assez d’argent et des biens emportés. Au-delà de ce qui précède, il y a lieu de remarquer que  la fréquence des attaques de Boko haram dans ce village et environs, va crescendo. «  Le village n’a pas dormi. Ils ( Boko haram) ont tenté de revenir, mais nous nous sommes battus avec nos armes( ndlr :artisanales) et les avons repoussés. » Nous confie un Agent de Comité de Vigilance qui ne manquera pas de fustiger  l’absence de l’armée dans cette zone, pourtant réputée dangereuse.  « Quelquefois, lorsque nous les (Responsables de Défense et de Sécurité de Mora) appelons dans la nuit pour leur présenter la situation et solliciter une intervention, ils ne décrochent pas ». Entre-temps ce village et voisins se vident. Les populations les quittent pour des horizons plus sécurisés, notamment à Mora-ville.

Approche insuffisante ou contreproductive du dispositif sécuritaire en vigueur…

De quoi est-il  fait ce dispositif ? Nous ne saurions répondre. Toutefois, l’exploitation des réalités du terrain force à constater que plusieurs villages issus de l’arrondissement de Mora, sont la proie des attaques quasi régulières de Boko Haram. Ce qui est frappant est que, cette lecture remet en question la position officielle qui veuille faire croire que, l’insécurité dans le Mayo-Sava relève exclusivement du ressort de l’arrondissement de Kolofata. Et de là, comment interpréter l’inertie apparente des décideurs qui ne semblent pas  prendre au sérieux le développement de cette situation ? Comment ne pas vilipender  cet état de choses quand on sait qu’il y a moins de deux semaines, des Agents de Comité de Vigilance du village KOTCHEREHE, arrondissement de Mora, échappaient de justesse à la mort par égorgement, non sans s’être faits faire déposséder de tout leurs biens ?

 

Des coquilles qui plombent toute initiative dans le cadre de la gestion du conflit.

Le caractère Centrifuge des décisions colle à la gestion de cette crise, toutes ses pesanteurs. C’est bien gênant de constater que quelquefois, une intervention par exemple à TALA MOKOLO, GOUDJOUMDELE, etc. parte de la ville de Mora, située à plus de 30km de chacune de ces localités. Et pourtant, une équipe mobile, nous pensons, aurait mieux réagi dans des délais précis. Et au-delà, à quel sort un COVI devrait-il s’attendre lorsque dépassé par les évènements, il appelle vainement Mora pour une éventuelle intervention?

Emmanuel  MOMO

 

http://psydh.com

 

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