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« (…) Une thèse de doctorat professionnel soutenue le 8 février 2018 à l’insu du Recteur fait grand bruit. Ladite thèse avait comme thème «Commande publique et gouvernance au Ministère des Mines, de l’industrie et du développement technique». Elle a été présentée par Gilbert Ngomou, ex-Directeur des affaires générales au Ministère des Mines, de  l’industrie et du développement technique. » Rapporte dans ses colonnes, le quotidien  Le Jour, édition du 15 février 2018. En fait la soutenance de cette thèse, est au centre d’un désaccord académique entre Magloire Ondoa le Doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) qui a rendu possible cette soutenance et  Adolphe Minkoa She le Recteur de l’Université de Yaoundé 2, qui dit sa surprise non sans qualifier cette opération menée en catimini de «malhonnête, frauduleuse », d’une réelle  « provocation, une insubordination caractérisée et violation grossière et délibérée de la réglementation et de l’éthique universitaires».  Voilà une situation bien gênante, pensée, bercée, entretenue et exécutée par un « big big teacher », ministrable et doyen d’une Université qui ne saurait feindre ignorer la gravité et la vile incidence de  son initiative. Et qui sait, si des pratiques pareilles ne sont pas récurrentes  dans d’autres universités ? Et de là, à se demander à quoi servent donc ces diplômes obtenus dans des conditions aussi ignobles que moqueuses pour l’impétrant et  ses mentors ?  A-t-on vraiment besoin d’un gros diplôme à tout prix pour amorcer son épanouissement ? L’incapacité du Cameroun à gérer ses problèmes quotidiens, nonobstant la crème de « Professeurs » qui écument les couloirs des centres de prise de décision devrait faire réfléchir.  Soit le problème viendrait de la mauvaise gestion de ces ressources humaines, soit  ces ressources malgré le tapage médiatique qui vante ses mérites seraient simplement  en-deçà des défis qui nous interpellent.

Et de souligner que cet  incident survenu à SOA, vient nous rappeler d’autres scandales qui de manière assez régulière, étaleraient la faiblesse des responsables chargés de diriger l’enseignement supérieur, à défaut d’afficher tout simplement leur incompétence avérée. L’histoire nous rappelle bien de choses :

  • Avril 2007: Le Ministère de la Fonction Publique, conjointement avec celui des Finances, publiait une  liste de 777 Agents de l’Etat, reconnus titulaires de faux diplômes. « phénomène des faux diplômes dans notre système éducatif (…) dans le cas d’espèce, concerne principalement les « petits diplômes » : Cepe, Bepc, Cap. (….) Autre tendance, les grosses poches de concentration de faux diplômes sont le ministère des Finances (275 cas pour l’instant) et la présidence de la République (165 cas). Et déjà des voix se font entendre pour indiquer le niveau de catastrophe que nous atteindrons si les dossiers des cadres sont ouverts », déclarait alors, une source bien introduite de ce Ministère.

 

  • Août 2013: 310 Elèves-Professeurs issus de l’Ecole Normale supérieure de Maroua, sont rayés de la liste  des admis aux DIPES 1 et II. Le malheur de ces jeunes naît de leur possession de faux baccalauréats. Dès lors, nous nous demandons comment autant d’étudiants ont-ils pu réussir au concours d’entrée/ recrutement sur études de dossier au sein de cette Institution sans afficher leur handicap académique ? Comment ont-ils pu braver les épreuves trois années durant, sans en faire l’objet de suspicion ? que dirait-on de leurs évaluateurs, qui ne sauraient eux-aussi prétendre n’avoir pas constaté que ces centaines de tricheurs n’étaient pas à leur place, à moins d’être eux-mêmes des enseignants-tricheurs ?

 

  • Février 2015 : deux listes d’admis au concours d’entrée à l’IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) se bousculent et se contredisent. « Nti, Ayuk, Oyono Ottou, Mebenga, Simeu Djoko et Minka respectivement 2e, 11e, 7e,5e, 14, et 13e dont les noms figuraient sur la première liste ont été exclus de la seconde liste qui valide définitivement les admissions au sein de cette prestigieuse formation.»

 

  • Novembre 2017: La publication des résultats du Concours d’entrée à l’ENAM distille elle aussi des sons dissonants. « Le ministre a publié les résultats des admissibilités en repêchant plus de 400 candidats recalés dans un premier temps par le DG de l’ENAM. », rapporte une source officielle et le Professeur MESSANGA NYAMNDI Charlemagne de ponctuer : «N’eut été la vigilance du Ministre de la fonction publique, le grand public n’allait pas savoir ce qui s’est passé… Il existe une forme de corruption qui gangrène notre système»

Diplôme et/ou Compétence ? Il faudrait bien que l’on en pense…

 

Emmanuel  MOMO

 

http://psydh.com

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