Les archives sonores ci-jointes en fichier relatent dans le fond et dans la forme, tout ce qui s’est passé  du  30 avril dernier, date de la grève et le 02 Mai courant, 24h après que  M. ASSOGO  NDEI Samson, un des Réfugiés Tchadiens, vingtaine avancée, est battu à mourir par les forces de Sécurité Camerounaises.

Les faits :

  • ASSOGO NDEI Samson est un proche parent  d’un Agent des Services de Sécurité  du Tchad. Ils ont un rendez-vous qui se veut  discret  au niveau de la frontière  le 1er Il se fait accompagner par un autre Réfugié, OUSMANE  BAHINA. Le soleil a déjà amorcé sa course vers l’horizon occidental,  dans une atmosphère d’après midi moins chaude qu’habituellement.
  • Un policier les interpelle et dit avoir reconnu ASSOGO comme étant l’un des meneurs de la grève des Réfugiés du 30 avril à MALTAM.  « Tu es enfin tombé dans nos filets (…) C’est fini  pour toi » lui dit-il dans une voix qui présage des heures pathétiques pour ASSOGO. Celui-ci  apeuré s’enfuit pour être rattrapé par une colonne d’environ 15 hommes dont des Gendarmes, Policiers et Militaires Camerounais. ASSOGO est sérieusement battu. Coups de pied, de bras et enfin la Crosse de l’arme sur la tête. Une fente très visible  sur la tête laisse jaillir du sang.
  • ASSOGO qui pleure, saigne abondamment, supplie d’être accompagné à l’hôpital. « Tu vas mourir », lui rétorquent-ils ces  bourreaux interarmes enragés. Il est donc  menotté et conduit aux cellules du Commissariat de Sécurité Publique de KOUSSERI, où il passera la nuit dans le coma et toujours menotté.
  • Tôt le  02 Mai  et face à la montée de la colère des siens informés à MALTAM de ce qui lui est arrivé la veille, et décidés de prendre  à leur tour des Policiers et Gendarmes en otage, ASSOGO est vite présenté  au  Pharaon, en l’occurrence  NDIBI le  Préfet qui, sous un ton martial, lui rappelle que son sort est scellé et qu’il devra répondre devant la Justice. Il est alors conduit d’urgence à  MALTAM et présenté aux  Réfugiés surchauffés.

Autres  Détails

  • Les bourreaux de ASSOGO ne lui ont jamais restitué son Portable, sa Carte Nationale d’Identité, Ses  40.OOO francs Cfa (moins de 65 Euros)
  • OUSMANE BAHINA, son ami qui réussit à s’enfuir pour heureusement informer le Camp de Réfugiés du sort de ASSOGO, a lui aussi été dépossédé de son Portable, 13.500 francs (environ 21Euros) et d’une montre.
  • Dans le cadre de la grève, il est à noter que des femmes d’au moins soixante  ans d’age  se sont présentées bustes nus et à genoux, devant les autorités de Kousseri, en chantant des hymnes fort tristes.
  • Selon les Réfugiés, le Commissaire de Police en service au Commissariat Spécial de  MALTAM est le seul  Responsable en tenue qui leur a donné jusqu’à cette date, l’image d’un homme sensible, d’un humanitaire, d’un père. Nous apprenons d’ailleurs que c’est lui qui réussit depuis la nuit du 1er  Mai  jusqu’au matin du 02 Mai, à tempérer les Réfugiés informés de ce qui était arrivé à ASSOGO.L’ordre public doit  sa sauvegarde, à cet officier plus responsable….

Doléances

  • Nous  interpellons la Communauté Internationale à plus de fermeté. Ce qui se déroule à KOUSSERI, contre des populations locales et aujourd’hui contre les allochtones tchadiens, sous protection (et jamais protégés) Internationale, est la preuve que Yaoundé est en train de  franchir  le seuil de l’irréparable. Les réalités de notre quotidien nous rapprochent malheureusement des scénarii vécus sous les  régimes Bokassa, Idi Amin Dada, Mobutu, etc. Il est temps d’agir et en mettre un terme.
  • Nous demandons plus d’assurance de sécurité autour de nous, Défenseurs des Droits humains. Le Tribunal de KOUSSERI a la particularité de condamner régulièrement les Défenseurs des Droits humains, pour des futilités du genre «Diffamation », « Dénonciations Calomnieuses », etc. Nos dénonciations y sont donc de nul effet : La plainte au Parquet contre  l’Inspecteur de Police Principal  NGOUAFACK  Martin en service à FOTOKOL pour bastonnade publique et  blessures volontaires contre  Clément  MBAKOP , notre chargé de liaison pour l’Extrême Nord, reste sans suite. Et ce n’est pas celle qu’il portera contre Le Capitaine  TAMBA de la Gendarmerie de KOUSSERI pour injures publiques et coups qui aboutirait ; ce n’est pas non plus, l’assassinat de tel autre Défenseur (que d’emblée nous ne souhaitons pas) qui changerait quoique se soit.

« ILS ONT DIT »

Lieutenant-colonel  FOSSO  Moïse

Commandant  le 31ième  Bataillon  d’Infanterie Motorisé de KOUSSERI

Sous la tente et face aux Réfugiés  en grève

  • « Le Commandant de Compagnie [celui de Gendarmerie] m’a appelé en proposant  le renfort des troupes  ici[Camp des Réfugiés]. J’ai décidé de venir voir ce qui se passe  avant toute action (…) Curieusement  il [Commandant de Compagnie] n’est pas sur  place »
  • « Voyez des gens valides qui choisissent  de souffrir ici, au lieu de  rentrer  chez  eux travailler »
  • « Ils n’ont qu’à marcher, se coucher par  terre et s’agiter  pendant un mois, c’est

leur problème »

  • « Ils se plaignent de recevoir le haricot charançonné, alors que durant  la   formation militaire, nous  mangions du  riz avec des asticots »
  • «  Les réfugiés tchadiens s’agitent à moins d’un jour chez nous, alors que ceux de la Centrafrique, et du Congo RD plutôt sont calmes. Beaucoup sont éleveurs, cultivateurs et refusent de retourner  chez  eux parce que le Cameroun est bien »
  • « Si vous sortez de ce cadre [Camp des Réfugiés], vous serez considérés comme des rebelles et  j’ordonnerai  qu’on  vous  abatte tous. »

Face à  Clément  MBAKOP,  Représentant  de l’Observatoire des droits de l’Homme faisant l’objet de menaces qui  se terminent  par des coups de poing  qu’il  reçoit de la part  du Commandant de la Compagnie de Gendarmerie

Tchad 5

  • «  Les droits de l’Homme devraient  attendre  que  la situation (grève) s’apaise avant de se présenter ici »

Capitaine  TAMBA ,

Commandant  la Compagnie de  Gendarmerie de  KOUSSERI

Face à  Clément  MBAKOP,  Représentant  de l’Observatoire des droits de l’Homme

  • «  Depuis le début de cette crise, on vous voit vous agiter (…) Après avoir  excité  les Camerounais venus de N’djamena au soulèvement, on vous trouve  sous une autre casquette  aujourd’hui. »
  • «  Qu’est-ce qui prouve que vous êtes Camerounais ? (..) N’importe qui peut se faire faire  une  Carte des droits de l’Homme »
  • «  Libérez …..Quittez d’ici !!! »

1er  Adjoint  au Préfet  du Département  du Logone  et Chari , KOUSSERI

Face à  Clément  MBAKOP,  Représentant  de l’Observatoire des droits de l’Homme

  • «  Pourquoi êtes-vous là ? Vous ignorez quoi de ce qui se passe ici ?Que voulez-vous faire croire par votre présence ?(….) N’est-ce pas vous que j’ai trouvé dans le bureau du Préfet venu l’annoncer l’organisation de cette grève ?(…) Preuve que vous avez mené ici plusieurs enquêtes  avant ce jour (….) D’ailleurs même, peut-on vous identifier ? »

Capitaine TAMBA, Commandant la Compagnie de Gendarmerie  de  Kousseri

 Face aux réfugiés en grève

«  les  voilà sous le soleil (…) Ils ne mesurent pas  les  conséquences  sur le plan de leur  santé(…) La Croix Rouge n’est pas là, dès qu’ils vont tomber, les cadavres vont traîner comme d’autres »

Fait  le  05 Mai 2008

(ARCHIVES)

 

http://psydh.com

 

 

 

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