Dans notre dernière publication (https://psydh.com/2018/02/01/cameroun-securite-larmee-camerounaise-confond-sa-cible-frappe-et-produit-le-carnage-a-mora/), nous faisions état de ce que, dans la nuit du Jeudi  à hier matin, « autour de 2H, un militaire apparemment ivre et scandant « je suis boko haram » (…) a froidement abattu six personnes au quartier DJABIA proche de la fondation Schulzentrum  de Mora ». Après avoir recoupé l’information,  il nous parvient que le mis en cause est un Gradé. Pour certains un Caporal, pour d’autres un Caporal-Chef qui se prénomme Bienvenue Junior. Dans sa folie meurtrière, il a tué quatre personnes, blessé six. Toutefois, au rang de ses victimes mortes,  se trouve une dame, la regrettée Aïssatou, 33 ans qui meurt portant une grossesse de 4 mois, après avoir reçu un morceau de bois dans son vagin. La liste ci-dessous dévoile l’identité desdites victimes.

  NOMS AGE OBSERVATION
1.       Aïssatou  Martha 33 ans Décédée, avec une grossesse de 04 mois
2.       Amina  alphonse 35 ans blessée
3.       Asta  Alphonse 55ans blessée
4.       Baba  Lawane 5 ans blessé
5.       Fidèle  Saratou 9 ans blessée
6.       Goda  Jean-claude 3 ans Décédé, fils de feue Aïssatou  Martha
7.       Lamissa  Jacqueline Blessée et  en réanimation
8.       Namaya  Beché 55 ans décédée
9.       Oumarou  joseph 38ans blessé
10.                         Saratou  Zagata 53 ans décédée

Des Mobiles ?

Certaines sources évoquent la consommation du cannabis, laquelle justifierait cette dérive. Arguments legers quand on sait que la consommation du chanvre indien est récurrente dans nos villes et campagnes et que pour autant, nous n’avons pas connu comme conséquences, de pareils manquements. Tout au plus, nous restons persuadés que le processus de recrutement au sein de nos forces de Défense, pose un réel problème d’efficacité. Avoir à faire à une armée prompte à tuer à la moindre contradiction, cesse de nous rassurer. Plus cette insécurité dure, plus le public  se désolidarise de son armée.

Avant que Boko Haram et l’Ambazonie ne soient,  la mal gouvernance fut

Lorsqu’on évoque le climat d’insécurité vécu ces derniers temps au Cameroun, il va sans dire que la responsabilité incombe avant tout à BOKO HARAM et aux AMBAZONIENS. Cependant si dans la réalité cette lecture n’est pas fausse, la sagesse nous convie néanmoins à interroger les origines de ces mouvements  dans la mouvance politique de notre pays. Et de là, il devient clair qu’au début de ce siècle, a éclaté l’affaire des « 9 disparus de BEPANDA » avec l’implication des hauts gradés de notre armée. Cet épisode est vite suivi en 2008 des émeutes de la faim, fortement réprimées. Voilà deux  évènements parmi tant d’autres,  qui eurent pour épicentre la mal gouvernance. Ergoter à longueur du temps sur Boko Haram ou encore sur le sort de Siseku Ayuk Tabe, le leader Ambazonien  ne nous conduira à aucune solution.  Autant la perte d’un militaire à l’Extrême-Nord, au Nord-Ouest et au Sud-ouest est douloureuse, autant celle des innocentes victimes civiles de ces mêmes militaires devraient inspirer considération du Gouvernement. Ayons du respect pour nos morts civils (tués par des irresponsables engagés au sein de nos forces de défense) dont le nombre croit sous le regard distrait ou mieux dédaigneux de ce gouvernement, qui n’en a jamais fait l’objet d’un point de presse. Que ces tueurs soient du Contingent 2015 ou non, une chose est pénible à comprendre : Notre armée se dresse chaque jour contre les populations civiles. Il est temps de mettre un terme à cette haine et réconcilier les deux parties.

                                                              Emmanuel  MOMO

 

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