Définir le concept de laïcité, exige un très vaste exercice axé sur plusieurs orientations. Aussi pensons-nous que celles-ci (orientations) varient et s’adaptent avec le degré de conscience de chaque entité. Autrement dit la perception américaine de la laïcité est forcément distincte de l’appréciation française du même sujet. Et dans la logique de ces variances, on peut très vite souligner qu’au Cameroun ce concept s’entend comme l’expression de la séparation entre l’Etat et la religion. En d’autres termes, parler de laïcité au Cameroun revient à démontrer simplement que le pays n’a pas de religion d’Etat et que chacun, dans le respect de la loi et de l’ordre public, est libre de croire ou non et de manifester ou non sa croyance. Et le Préambule de notre Constitution de rappeler que « Nul ne peut être inquiété en raison de ses origines, de ses opinions ou croyances en matière religieuse, philosophique ou politique sous réserve du respect de l’ordre public et des bonnes mœurs » pour renchérir que « L’État est laïc. La neutralité et l’indépendance de l’État vis-à-vis de toutes les religions sont garanties » et concomitamment, « La liberté du culte et le libre exercice de sa pratique sont garantis ».
Ce qui précède force à comprendre que le cadre d’exercice de cette laïcité n’a de limite que par rapport à la loi et la préservation de l’ordre public. Qu’est-ce que l’Ordre Public ? Sous le contrôle du contexte Camerounais, l’ordre public renvoi à une situation de non trouble, de paix et de sécurité sociale qui garantit la possibilité à chacun d’aller et de venir. C’est dire qu’une fois ces facteurs réunis, chacun pourrait librement manifester sa religion. Néanmoins, si cette approche porte en elle des garanties possibles de préservation de cette liberté, fort serait de reconnaître que dans le fond, son cadre d’expression donne le flanc aux germes de la discrimination. Nous n’en dirons pas plus compte tenu de l’hypersensibilité de ce sujet dans ce pays. Bien au contraire, nous souhaitons à la lumière de ce qui suit, attirer l’attention de tout un chacun, sur les réalités vécues par bien de Camerounais. Sont-elles l’œuvre des religions ? Sont-elles la conséquence de la prédominance d’une religion sur une autre ? A chacun d’en déduire tant il est vrai, comme « observe » le Prof. Kapet de Bana, de regrettée mémoire, « les nations qui ont souffert du nazisme ont colonisé et rendu esclaves les autres espèces humaines, sans que la doctrine biblique qui idéalise et divinise les rapports rois-serfs, esclaves et maîtres, s’y oppose, pourvu qu’on paye le juste prix; sans que la doctrine coranique y change quelque chose – puisqu’elle accentue la domination divinisée de l’homme sur la femme au nom de la religion islamique; sans que la doctrine marxiste y apporte la solution par la meurtrière lutte des classes, c’est à dire la lutte de l’homme pour détruire l’homme. La lutte collective des classes se muant en lutte individualiste de place. Je constate aussi que christianisme, islamisme et marxisme ont atteint leur paroxysme de saturation » et de d’appuyer qu’il « y a eu plus de morts en vies humaines au nom de la croyance en ces illustres prophètes (Jésus-Christ, Karl Marx, Mahomet), qu’en la confiance en notre propre génie dans la maîtrise des forces de la nature. Tenter de remédier à cette situation d’insécurité universelle et de meurtre généralisé, est devenu ma conviction profonde de l’instauration d’une nouvelle croyance en la primauté de l’homme libre bâtisseur de l’humanité. »[1] Vrai ou faux ? Fondé ou non ? Les faits qui suivent pourraient nous éclairer davantage !
- Cas de Monsieur DOUE GOUDJAMA
Des gens réfractaires à la vérité pourraient trouver dans cet exercice une provocation, ou mieux autres choses pour ne pas apprécier à sa juste valeur toute son importance. Ce qui suit est révélateur une fois de plus de la faiblesse de notre appareil judiciaire qui n’a pas les coudées franches pour agir. Le politique supplante tout et tant pis pour les perdants. Nous voici encore devant une autre tragédie. Des compatriotes hantés par la violence qui se déclarent prêts à tout, jusqu’à la suppression d’une vie, sans en courir le moindre risque d’être arrêtés, puisque bénéficiant selon eux, d’importants appuis au sommet de l’Etat. Il faut voir aux détails près pour se rendre compte que de telles déclarations ne sont en rien, un simple verbiage. C’est réel, c’est évident !
BREF RAPPEL :
Monsieur DOUE GOUDJAMA et sa famille sont propriétaires d’une plantation au lieu dit Dalari/Yégoua, dans le Département du Mayo-Sava. L’exploitation de celle-ci remonte à au moins 27 ans. Toutefois, il est à regretter que cette famille et bien d’autres issues de l’ethnie PODOKO (chrétiens et animistes) comme lui, sont la cible d’un groupe de gens qui disent publiquement leur haine pour les non-musulmans et notamment les PODOKO qu’ils évaluent à des êtres inférieurs aux bêtes.
Le tableau ci-contre illustre toute la déconvenue de cet homme, et par ricochet celle de sa famille, de son ethnie et mieux des chrétiens du Mayo-Sava. Une déclaration aussi forte s’appui sur des réalités vécues, des cris entendus, des gémissements enregistrés et des craintes grisées de ces populations qui se disent, en ce XXI è siècle, en captivité. Ce serait mieux d’examiner la copie, au lieu de feindre ne pas reconnaître les faits que nous présentons. Le Cameroun social, va plus mal que les medias et hommes politiques ne laissent entendre. Nous ne faisons que notre devoir et qu’il plaise à chacun d’en faire le sien……
DATE | LES FAITS | OBSERVATION |
28-10-2008 |
Les apprentis-extrémistes déracinent avec violence des hectares d’arachides dans le champ de M. DOUE GOUDJAMA |
Silence de la victime qui se reconnaît impuissant |
30-10-2008 |
Les mêmes agresseurs déclarent sous fond de menaces à M. DOUE GOUDJAMA, leur intention de faire couler le sang des PODOKO, non sans lui dire que son champ et ceux de ses frères sont les meilleurs endroits où ils devraient faire paître leurs troupeaux. |
Silence de la victime qui se reconnaît impuissant. Avant lui des plaintes n’ont pas abouti. |
31-10-2008 |
Au nombre de cinq (5) ayant à leur tête Monsieur ICORI SOUBAGOU, ils détruisent la clôture du champ de M. DOUE GOUDJAMA, font entrer dans son champ une vague de bœufs et de moutons. Curieux de savoir ce qu’il en était, ce dernier et toute da famille furent sérieusement battus à coups de machettes et de gourdins. Après ce coup, les agresseurs emportèrent 16 sacs de haricot et de mil destinés aux semailles. |
M. DOUE GOUDJAMA et sa famille baignent dans le sang et sont transférés à l’hôpital. |
07-11-2008 |
M. DOUE GOUDJAMA et son épouse saisissent la Brigade Territoriale de Gendarmerie de Mora, par une Plainte contre Monsieur ICORI SOUBAGOU que certaines langues ont présenté comme étant proche d’une élite, membre du gouvernement… |
Aucune réaction jusqu’à ce jour. L’affaire est étouffée, malgré toutes les injustices subies. Pourquoi ne pas y voir la faiblesse des Chrétiens ? |
BILAN MEDICAL
- DOUE GOUDJAMA:
(1) Fracture ouverte sur la phalange du deuxième doigt gauche. (2) Une plaie suturée en sept points (3) Plaies crâniennes suturées en sept points (4) Incapacité temporaire de 45 jours
Mme DOGDZA NACHI
Contusion au bras droit et plusieurs coups et blessures. Incapacité temporaire de 15 jours
Mlle NACHI Jeannette
Plaie traumatique ponctiforme pariétale gauche et petite suture. Incapacité temporaire de 15 jours
Madame ZALLA Rachel
- Lacération du troisième doigt suturé en trois points.
- Perte d’une incisive inférieure latérale.
- Incapacité temporaire de 28 jours
- Cas de Monsieur PALNANG KITCHOUAKAÏ
Monsieur PALNANG KITCHOUAKAÏ dont photo ci-contre est jointe, est chrétien à la cinquantaine révolue. Il est propriétaire d’un important bétail à LOULOU, Arrondissement de NDOUKOULA, Département du DIAMARE (Maroua). Le 19 Octobre 2008, quinze (15) de ses bœufs sont volés. Les éphémérides ci-dessous retracent son calvaire qui échoue à une sorte de crucifixion de la justice, sur l’autel de l’argent. Etonnant !
NDJIDDA PALNANG
Samedi 25 Oct. 2008 : Tôt le matin, deux des quinze bœufs sont identifiés par l’entremise de M. NDJIDDA PALNANG à l’abattoir de Kossel-Beï, propriété de Monsieur ALIOUM SAWALAM. Les bêtes qui étaient prêtes à être égorgées, sont vite mises de côté, une fois l’alerte faite. La Brigade de Recherches de Maroua est vite saisie et l’enquête ouverte. De celle-ci, l’on retient sous la présomption de non culpabilité, quatre personnes suspectes :
- ALIOUM SAWALAM, Chef boucher
- Sally GAVIANG, conducteur des bœufs vers l’abattoir
- Mathieu, complice
- YOUGOUDA Bello, le voleur en fuite.
Suite aux premières enquêtes, le deuxième et troisième dans la liste sont gardés à vue.
ALOUKI Samuel KITCHOUAKAÏ
Dimanche, 26 Octobre, le Maréchal-des-logis Chef ZOURMBA TIZI, enquêteur de cette affaire, apprend à M. ALOUKI Samuel KITCHOUAKAÏ (photo ci-contre), cadet de Monsieur PALNANG que le Commandant de Compagnie de Gendarmerie (COCOMGEND) et le PROCUREUR GENERAL plaident pour la mise en liberté de Sally GAVIANG. L’hésitation de l’enquêteur contraint le COCOMGEND à arracher un cahier qui tiendrait lieu de Registre (main courante), dans lequel il décharge et obtient la libération de Sally. Mathieu, le pauvre et seul chrétien du groupe, est abandonné seul en cellule.
Le 31 Octobre : Mathieu part de la cellule pour le parquet où il rencontre Sally et ALIOUM SAWALAM. Tous sont libérés et devraient comparaître libres le 04 novembre suivant. A cette date, l’affaire est reportée au 07 Janvier, puis au 04 février. Tout y a été dit et les échanges furent houleux. Monsieur PALNANG KITCHOUAKAÏ sur demande du Juge, y avait dévoilé le montant du préjudice subi. C’est dans ce sillage que l’affaire est renvoyée au 18 février suivant pour délibération. On peut à ce stade remarquer que la question du Juge adressée à Monsieur PALNANG KITCHOUAKAÏ démontrait que les responsabilités de chacun furent presque déjà établies, auquel cas, les délibérations annoncées n’eurent aucun sens.
1ère Observation : Le 18 Février, aucun Prévenu ne s’est présenté. L’affaire est renvoyée le 04 Mars suivant.
2ième Observation : Le Juge déclare les Prévenus non coupables.
ANALYSE
Lorsqu’on reprend de fil à aiguille la succession des faits dans cette histoire de vol de bœufs, on se rend vite compte qu’il y a eu indiscutablement vol avec complicités assez claires. Si non, la fuite de YOUGOUDA Bello n’aurait aucune explication. Toutefois, la tricherie ayant toujours des jambes courtes, on vient à remarquer sans aucun doute que l’appareil judiciaire fit l’objet de manipulation et cela pour 03 raisons :
- L’immixtion irrégulière et inacceptable du COMCOMGEND et du Procureur Général dans la procédure au niveau de la Brigade des Recherches ne nous semble pas gratuite. D’ailleurs, cette démarche a pour effet de court-circuiter la procédure. Et c’est de bonne guerre si Sally GAVIANG est soustrait des cellules et comparaît libre.
- Considérant que tout au long des échanges, il n’a jamais été évoqué à la barre le moindre doute de ce que le vol des bœufs n’ait eu lieu, il devient absurde qu’au bout du chemin, le Juge déclare les accusés non coupables…..Qui a donc volé les bœufs ? Qui d’autres que les suspects surpris à l’abattoir, seraient coupables? La fuite de YOUGOUDA Bello ne saurait dissoudre la vérité, quand on se rend compte qu’il n’agissait pas seul……. Et pourquoi le Juge refusa t-il de prendre en compte les deux pistes qui permirent de retrouver tous les bœufs volés, si d’emblée ses intérêts ne s’y trouvaient menacés ?
- Si nos présomptions de corruption ne sont pas fondées, comment comprendre cette intelligence nuisible et manifeste entre l’appareil Judiciaire et les accusés ? Comment comprendre qu’à l’audience du 18 Février, sensée mettre un terme à la Procédure, les accusés ne se soient point présentés si d’emblée des « arrangements » ne furent pas en cours ? Comment comprendre que le 04 Mars, les accusés soient spectaculairement déclarés non coupables ?
Sa Majesté Abdoulaye GALDIMI
C’est Camerounais cet art de distraire la galerie. Mais à quel prix pour la paix de notre pays, quand on sait que des frustrations de ce type sont source de vengeance et de crises sociales ? Que deviendront ces démunis dans un univers où, la puissance financière des malhonnêtes les contraint au hara-kiri ? Avec quels arguments remettrait-on en question, les arguments de Sa Majesté Abdoulaye GALDIMI, LAWANE (Chef de 2ième Degré) de LOULOU qui a vécu de bout en bout les faits, qui est témoin des turpitudes de Monsieur PALNANG KITCHOUAKAÏ, qui a été entendu comme témoin à la Brigade de Recherches de Maroua et qui se dit « surpris des conclusions de la Justice » ?
- CAS DE MONSIEUR EMMANUEL ALAWADI
Monsieur Emmanuel ALAWADI, 55 ans, catéchiste catholique domicilié à ZONGOYA (NDOUKOULA, Département du DIAMARE, Région de l’Extrême-nord), est dans notre récit, une autre victime des pratiques que nous fustigeons.
- Le 08 Oct. 2009 : Monsieur Emmanuel ALAWADI est victime du vol de sa vache à ZONGOYA
- Moussa LOUA, boucher et ex-détenu est reconnu coupable de vol avec la complicité de NGARBA KOUYERE, le berger d’Emmanuel ALAWADI. Il ne tardera pas à passer aux aveux et en présence de plusieurs témoins dont L’ABBE Théophile AMADOU NDJIDDA (prêtre Catholique) et Sa Majesté BABAYEL DJABOU (Chef de 3ième Degré de ZONGOYA). Illico, il s’engage le 10/11/09 par écrit à réparer le préjudice en versant à sa victime, la somme de 400.000F. Voir fac-similé ci-contre :
De cet engagement à réparer le préjudice en versant la somme de quatre cent milles francs (400.000F), nous retiendrons que Monsieur Moussa LOUA parvint à remettre à sa victime (Monsieur Emmanuel ALAWADI), la somme de deux cent soixante cinq mille francs (265.000F). Entre-temps, NGARBA KOUYERE promet nettoyer l’ardoise en réglant le reliquat (135000f) de la créance de Monsieur Moussa LOUA (à savoir 400.000f – 265.000f = 135.000f).
Joignant l’acte à la parole, il remet à Monsieur Emmanuel ALAWADI une vache ayant la valeur ou plus du reliquat. Le problème est résolu. Toutefois et contre toute attente, Monsieur Moussa LOUA ira porter plainte contre Monsieur Emmanuel ALAWADI auprès de la brigade territoriale de Gendarmerie de NDOUKOULA. Motif ? Le deuxième est cité en Justice pour « fausse accusation ». La suite de la même affaire que, ce dernier croyait pensait déjà résolue. Et l’affaire ?
- Le Commandant de la Brigade exige d’Emmanuel ALAWADI, le remboursement de la somme de 465.000f perçue dans le cadre de leur arrangement. Ce à quoi celui-ci s’oppose.
- L’affaire est transférée au parquet. De surprises en surprises, le Procureur se plie aux mêmes pressions que le Commandant de la Brigade. Face à la résistance d’Emmanuel ALAWADI, le Procureur le place en garde-à-vue de 72heures dans les cellules de la brigade territoriale de Gendarmerie de Maroua. L’Eglise Catholique est informée et se mobilise autour du leur. Emmanuel ALAWADI le Catéchiste est libéré contre versement (par une Sœur de Maroua-Salack) de la somme exigée.
- Frustré suite à cette humiliation, Emmanuel ALAWADI une fois libéré contre-attaque par une Plainte contre son tombeur. L’affaire n’est jamais jugée, du moins officiellement. Mais un jour, il apprend que cette affaire fut tranchée et classée (mais quand ? Où ? en présence de qui? Par qui ?) et qu’à l’issue dudit procès, la cause de Monsieur Moussa LOUA fut entendue au détriment de celle du Catéchiste.
Sauf erreur d’appréciation de notre part, le bon sens nous contraint à penser que l’issue de cette affaire porte l’estampille des pots de vin et des arrangements aux fins d’étouffer la vérité. C’est grave et déshonorable pour notre Justice !
- CAS DE MONSIEUR BOUKAR MONGOLE
OBJET :
Présomption de corruption entre la Cour d’Appel de Maroua et YAYA MANA, berger domicilié à ACHIGA-MEME- Département Mayo-Sava – MORA/
- LES PERSONNES CITEES DANS CETTE CORRESPONDANCE
- YAYA MANA : Eleveur et propriétaire des troupeaux
- OUMATE HAROUNA : Berger
- BOUKAR MOUNGOULE : Propriétaire de quatre bœufs
- KOUDJAT KAMBA : Témoin
- MAKADJI Dominique BOUKAR : Fils de BOUKAR MOUGOULE
YAYA MANA de par sa profession est éleveur et serait propriétaire des troupeaux des bœufs. Il étend ses activités à la garde des bœufs (sous-entendu le fait aussi de les faire paître) contre des frais payés par des propriétaires qui les lui en confient. C’est donc naturel si à un moment donné, il courtise M. BOUKAR MOUNGOULE à qui il se propose de garder ses bêtes. En plein ETE 2008, celui-ci accepte de lui confier ses bêtes contre vingt-deux milles francs (000F) pour quatre mois. Soit une moyenne de deux milles quatre cents francs (2.400F) par mois la garde des quatre bêtes. En présence de KOUDJAT KAMBA, YAYA MANA perçoit de BOUKAR MOUNGOULE la somme de trois milles (3000F) plutôt que de deux milles francs sollicités au titre de l’avance. Le lendemain, MAKADJI Dominique BOUKAR conduit chez lui lesdites bêtes, matérialisant de fait le contrat verbal conclu un jour plus tôt entre lui et son père.
- Environ deux mois plus tard, YAYA MANA informe BOUKAR MOUNGOULE de la disparition desdites bêtes, tout en le priant de bien vouloir lui donner le temps de les chercher.
- L’attente s’est faite longue et BOUKAR MOUNGOULE quelque peu désemparé, saisit l’autorité traditionnelle qui ne tarde pas à établir la responsabilité de YAYA MANA avant de les conseiller l’expertise de la Brigade Territoriale de Gendarmerie de MORA et plus tard celle Tribunal de 1ère Instance de la même localité. Toutefois, il est de bon aloi de rappeler que la limpidité dans la succession des faits amène le TPI de Mora à imputer à YAYA MANA la responsabilité de la disparition desdits bœufs avec obligation de verser à BOUKAR MOUNGOULE, la somme du million cinq cent milles francs (1.500.000F) pour réparations.
(Réf. Jugement n° 001/CC du 07/09/2009)
- MANIPULATIONS ET BASSES MANŒUVRES ?
- Au moment où l’affaire suit son cours à la Gendarmerie, l’accusé YAYA MANA réalise l’exploit d’impliquer OUMATE HAROUNA qui est inconnu du plaignant (BOUKAR MOUNGOULE).Ce qui a pour conséquences logiques, la mise en garde-à-vue des deux pour des besoins d’enquêtes.
- Quelques temps après, BOUKAR MOUNGOULE le plaignant, se rend compte que son accusé est libre alors qu’OUMATE HAROUNA qu’il ne connaît point est mis sous Mandat de Dépôt dès le 27/10/2008.
- A l’audience du 03/03/2009, BOUKAR MOUNGOULE dit son étonnement devant la détention inacceptable d’OUMATE HAROUNA qui lui aussi plaide non coupable et contre lequel, aucun témoignage ne donne tort. Il est libéré et YAYA MANA condamné à réparer le préjudice.
- Désaxé par la tournure des évènements, il interjette appel et dit à l’audience qu’il fut en compagnie d’OUMATE HAROUNA des bergers engagés et payés par BOUKAR MOUNGOULE. Il soulignera que dans ce concert, il fut le gardien de nuit, alors que son alter égo en faisait de même le jour. Or, la responsabilité des bêtes ayant disparu le jour incomberait non pas à lui, mais à OUMATE HAROUNA. Toutes choses qui lui donnent raison et le déclarent non coupable.
- ANALYSE
- En remontant à l’audience du 03/03/2009, il ressort qu’OUMATE HAROUNAdéjà pas très gai et déterminé à « sauver sa tête », n’a jamais dans sa défense admis qu’il fut un des employés de BOUKAR MOUNGOULE, encore moins eut-il reconnu avoir eu des accointances avec lui. Ce qui confirme que, dans cette affaire, seuls YAYA MANA et BOUKAR MOUNGOULE ont toujours collaboré et démontre la légèreté de cette argumentation qui fait basculer le verdict du jugement rendu en première Instance pour donner raison à YAYA
- C’est YAYA MANA qui le premier informe BOUKAR MOUNGOULE de la disparition de ses trois bêtes. Cet intérêt porté auxdites bêtes n’est pas gratis et affiche ouvertement une connivence, mieux une complicité qui le lie au propriétaire du troupeau. Et d’ailleurs, comment peut-il expliquer que, plutôt qu’OUMATE HAROUNA (qu’il présente à la Cour d’Appel comme responsable de la garde des bœufs disparus), ce soit lui qui ait informé le propriétaire de la déconvenue ?
- Si BOUKAR MOUNGOULE se trompait de cible et tenait coûte que vaille à la réparation du tort subi, rien ne lui aurait empêché de s’accrocher à OUMATE HAROUNA, le bouc-émissaire fabriqué de toutes pièces par YAYA MANA, et attendre la suite…. Mais non, il restera lucide, demandera l’élargissement de ce dernier, tout en maintenant sa position. Et dès lors, donner raison à YAYA MANA relève d’une parodie de justice qui n’est pas du genre à honorer le Cameroun.
- Des situations de ce genre sont monnaie courante dans nos juridictions. En effet, il existe une stratégie qui consiste à fatiguer un plaignant en contrepartie des « pots de vin» de l’accusé qui s’emploie à court-circuiter par tous les moyens le cours du procès. Au bout du sentier, s’il résiste à l’épreuve du temps, l’accusé est condamné en première Instance, interjette appel, gagne et se convainc de ce que le plaignant épuisé par le temps, émoussé par la lenteur administrative, éprouvé par les dépenses qui en découlent (il quitte généralement des villages lointains, pour se rendre à la Cour d’Appel, située au Chef Lieu des Régions) ne dispose plus assez d’énergie pour continuer à la Cour Suprême, située à Yaoundé. Ces cas généralement mettent du temps en première instance. C’est de bonne guerre ! En fait telle est l’une des méthodes utilisées pour dénaturer l’issue des procès. Toutes choses qui mettent d’avantage à nu toutes les insanités qui gangrènent notre appareil judiciaire.
- REQUETE
En attente de toutes vérifications, nous estimons qu’il serait regrettable que des gens qui n’ont que la vérité à faire valoir, se retrouvent réduits à leur plus petite expression, et contraints au silence parce que, leur bourreau avec de l’argent leur « dament leur pion ». Aussi pensons-nous que conseiller à BOUKAR MOUNGOULE une action à la Cour Suprême serait valider l’injustice, qui à notre perception est assez visible jusque-là. D’ailleurs que n’a-t-on pas vu en filigrane de cette Justice qui souffre des germes de sa propre injustice ? Sam MBENDE représentant une corporation d’artistes, a gagné son Ministère de tutelle à la Cour Suprême et attend depuis des années, regard effaré, l’hypothétique exécution dudit jugement. BAMBOUTOS, Club de Football de Première Division a remporté son procès contre la FECAFOOT et malgré tout est descendu en division inférieure. Et pourtant, le droit lui donnait raison. C’est dire qu’on gagnerait à faire valoir le bon sens, plutôt qu’à distraire davantage la galerie dans les couloirs complexes d’une Institution en perte de crédibilité.
Mars 2011 ( Archives)
[1] Source : http://africa.smol.org/files/trilogie.pdf