Matakon  Matakon  Ndouvagui, une des victimes – ( photo archives)

Relecture  critique  de l’Arrêt  n° 22/Cor  du 15 déc. 2011 Par la Cour d’Appel de l’Extrême-Nord  Confirmant le jugement n° 729/Cor  du 14 déc. 2009 Par le TPI de MOKOLO

Entre le 15 juin 2009 et le 22 avril 2010, les personnes dont les noms suivent, sont victimes chacune d’un coup de vol de bœufs, à raison de :

  • MATAKONE NDOUVAGUI : 10
  • BAIDI JACQUES : 09
  • TSAMAYE Magali : 04
  • Moussa NDOTIRI : 02

La justice est saisie et  quatre présumés coupables sont identifiés. Il s’agit entre autres de :

  • ADAMA BOUKAR alias ADIA
  • OUMAROU BAZA (Chef de quartier)
  • GOLIME GADAWA
  • MALLOUM LTALVA

Le jugement n° 729/ Cor  du 14  décembre  2009 par le  TPI  de MOKOLO, déclare  ADAMA BOUKAR alias ADIA non coupable et le relaxe au bénéficie de doute.

  • Le  23 décembre 2009, les victimes du vol  font appel.
  • L’Arrêt n° 22/ Cor du 15 Février 2011 confirme la décision du TPI  de MOKOLO en s’appuyant sur le fait que  « les intéressés attribuent la complicité du vol de leurs bœufs à ADAMA BOUKAR  alias ADIA, par  le seul hébergement  par celui-ci de certains étrangers » avant de souligner d’un grand trait  « que ce seul élément est insuffisant à établir la responsabilité pénale du prévenu (…) Que la décision(du premier juge)  mérite en conséquence confirmation » ( Voir  Annexe n° 1)

Matakon Annexe 1

LEGERETE DES MOTIFS QUI SOUS-TENDENT L’ARRET SUS-EVOQUE

Le bon sens  oblige tout esprit  fertile à l’analyse de reconnaître que, l’Arrêt  n° 22/ Cor du 15 Février 2011 souffre d’une légèreté assez grave avec en filigrane le refus de l’appareil  judiciaire, d’aller au-delà du superficiel. Nous refusons de penser que le simple fait d’  « attribuer  la complicité du vol de leurs bœufs à ADAMA BOUKAR  alias ADIA, par  le seul hébergement  par celui-ci de certains étrangers »  avait suffi  à empêcher  le magistrat de pousser plus loin  son investigation. En effet,

  • Sur quoi repose le reproche fait à ADAMA BOUKAR alias ADIA ?
  • Comment peut-on interpréter le fait que la même personne soit doigtée par les quatre victimes suscitées ?
  • Dans quelle circonstance est survenu le vol des bœufs ?
  • Que dire du refus solennel d’OUSMAN BAZA de se soumettre au juron traditionnel, s’il n’eut rien à se reprocher ?
  • Pourquoi la Justice a-t-elle expressément omis d’exiger la contribution des témoins contre ADAMA BOUKAR  alias ADIA, puisque de toute évidence, il n’y a pas de fumée sans feu ?
  • Pourquoi les Tribunaux du Grand nord s’offrent toujours le vilain plaisir de se contredire chaque fois qu’il faut trancher des questions mettant en jeu de gros intérêts ?

PRESOMPTIONS DE MANIPULATION DE L’APPAREIL JUDICIAIRE

La procédure qui naît au niveau de la Cour d’appel de Maroua, nous offre l’occasion d’appréhender quelques irrégularités savamment  « fabriquées » pour distraire les victimes. Parlant de la tenue de l’audience opposant  nos victimes à ADAMA BOUKAR  alias ADIA, treize dates (Voir  Annexe n° 3) de renvoi furent fixées, sans  jamais être  celles qui correspondent à leur cas, c’est-à-dire aux  audiences correctionnelles. Quelquefois, ces dates  n’avaient aucun sens dans le calendrier des activités de la Cour d’Appel, d’autres fois elles rappelaient  simplement les audiences criminelles. De près, la même Annexe permet de remarquer qu’un des nombreux Renvois était annoncé pour le 15 décembre 2011 et  les délibérations pour le  02 février 2012. Or, dans les faits  l’Arrêt est rendu presqu’un an plus tôt, c’est-à-dire le  15 Février 2011. C’est dire !

Et si on nous demandait de qui sont ces coupons, la réponse est bien simple : M. MATAKONE  NDOUVAGUI l’une des victimes, à qui ces coupons étaient régulièrement remis pour servir de rappel mémoire est prêt à nommer le concerné. Mais en attendant, tout expert en graphologie constate que la graphie est l’œuvre d’une même personne en service dans le milieu judiciaire.  Et pour cause, le Coupon du  11 Janvier 2011 porte en son sein, le sceau de notre Justice.

  • Si déjà à ce stade de gestion des questions judiciaires, l’on peut se permettre une telle « navigation à vue », serions-nous au stade des sphères de courtoisie, encore tenus à croire au sérieux de cette Institution ?
  • Si le problème ne relève pas de la « navigation à vue », ne sera-ce pas au contraire l’indice qui force à penser que l’Institution est manipulée ?

Matakon Annexe 3

DE  LA  MASTURBATION  JUDICIAIRE

  • N’est-il pas temps de penser que ce groupe de victimes ait été par la volonté des Seigneurs de la Justice, « masturbés » par ces fausses dates d’audience qui les obligeaient, espoir dans le cœur de faire des aller et retour inutiles et pendant presque deux ans, entre leur fief de MOZOGO, département du Mayo-Tsanaga et Maroua, pour être au finish servi de cette boutade ?

 

  • Aurions-nous tord de penser qu’au bout de toutes ces dures épreuves, ces hommes (dont le plus jeune est déjà quinquagénaire) sont physiquement épuisés et financièrement incapables de pourvoir en cassation ? L’usage de la Masturbation judiciaire est assez répandu dans nos lointaines contrées et compte au rang de ses victimes, essentiellement des analphabètes. Une arme non-conventionnelle qui paralyse les procédures pénales et transforme l’univers judiciaire en berceau des plus offrants : Véritable galimatias !

Fait  le  18 Avril 2013

(Archives)

http://psydh.com

 

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