drapeau ambazonie

        La nouvelle faisant état de l’arrestation hier au Nigeria du leader SISUKU AYUK TABE et neuf de ses proches collaborateurs, force à s’interroger sur la nature du dispositif sécuritaire supposé entourer ces hommes. Avaient-ils un seul instant douté de la capacité de Yaoundé à les réduire au silence ? Que pensaient-ils des risques auxquels tous s’exposaient, en  s’ « agitant » dans un pays voisin comme le Nigeria ? Une chose est certaine, ils se savaient exposés et croyaient sans doute dur comme fer, aux éventuelles assurances des officiels nigérians…Si tel aurait été le cas, Comment  peut-on être aussi naïf au point de penser qu’un pays comme le Nigeria, jaloux de son rayonnement international et en tension déchirante  vers une renommée dans le concert des Nations libres, pouvait-il  ternir son image dans un rôle aussi lugubre que celui de servir de base arrière à un mouvement terroriste qui endeuille son Cameroun-voisin ? Tout pouvait arriver, mais la capture au même moment de tant d’hommes, de tant de compétences, du MASTERMIND des sécessionnistes, étale très vite l’immaturité de leur plan d’action.

Inutile d’ergoter sur les conditions de leur arrestation. Ce qui vient de se produire au Nigeria, n’est que la pâle-copie d’un mécanisme actif  et en veilleuse entre certains dirigeants de notre continent. L’histoire nous raconte entre autres qu’/ le :

  • En 1989: Le Général-Président André KOLINGBA de RCA fait enlever au Benin, dans un hôtel et dans des circonstances  rocambolesques son ancien ministre le Général François Bozizé, ayant un statut de Refugié. Il fut accusé d’avoir tenté un coup d’Etat en mars 1982 et alors exilé à Cotonou (Bénin). Cette opération  est rendue possible grâce à  un Commando monté par son ministre de l’intérieur le colonel Christophe GRELOMBE et son conseiller béninois Octave HOUDEGBE avec la complicité du pouvoir de Mathieu KEREKOU. Pieds et poings liés, embarqué à bord de la Caravelle du Gouvernement centrafricain avec quelques uns de ses proches, Bozizé est incarcéré, torturé, puis jugé avant d’être acquitté au bout de deux années de cauchemar.
  • 08 Octobre 2008 : le lieutenant colonel Cipriano NGUEMA MBA MITOHO, opposant au régime de Malabo, doté de son Statut de Réfugié et sous protection du UNHCR,  est enlevé à Yaoundé et conduit par voie routière en  Guinée Equatoriale, sans la moindre résistance.
  • 29 Mars 2006: Charles Taylor, refugié politique et installé à Abudja est arrêté sur ordre d’OBASANDJO et transféré au Tribunal Pénal  International, via le Liberia qu’il avait quitté sous protection du même OBASANDJO..

C’est comprendre que si tout se passait ailleurs comme ici,

  • La France aurait depuis longtemps extradé à Brazzaville les sieurs Pascal LISSOUBA, Joachim YHOUMBI OPANGO, etc.
  • Le Royaume-Uni d’Angleterre l’aurait autant fait du Général GOWON YACOUBOU depuis 1976 en l’extradant au Nigeria à la demande du Général-Président OBASANDJO ;
  • Robert MUGABE aurait extradé le Colonel MENGUISTU malgré tous les crimes commis en Ethiopie entre 1974 et 1991 ?
  • Dramane OUATTARA en Côte d’Ivoire aurait fait de même de Blaise  COMPAORE à la demande des autorités burkinabè ;
  • Le Benin avant dix ans se serait débarrassé du colonel Mohamed BACAR, ancien dirigeant de l’île Comorienne d’Anjouan  renversé en Juillet 2008.

 

Emmanuel  MOMO

 

http://psydh.com

 

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