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DES  MINORITES ETHNIQUES SONT-ELLES MENACEES D’EXTINCTION  DANS LA REGION  DE L’EXTREME-NORD?

Des émeutes de la faim en Février 2008 à la lutte armée de l’heure contre les séparatistes de l’AMBAZONIA, il y a forcément le front septentrional contre BOKO HARAM et les incursions de la SELEKA du côté de l’Adamaoua et de l’Est qui nous imposent en l’espace de dix ans, un rythme qui affiche au grand jour  la vulnérabilité de notre paix civile. Applaudir des victoires de nos forces de Défense et de Sécurité au mépris de notre devoir de solutionner des crises en mettant plus d’accent sur la justice sociale, serait très grave et incertain pour nos lendemains. Cette série que nous publions se veut être une interpellation qui ait le mérite de repenser cette paix en la préservant.

POURQUOI PARLER DES MENACES D’EXTINCTION DES MINORITES  ETHNIQUES ?

Le département du Logone-et-Chari, est l’une  sinon la circonscription administrative qui regorge le plus de minorités ethniques dans l’Extrême-Nord. Du groupe Arabe au Massa en passant par les Musgums, Mousseye, Kim, Sara, etc. Tous ces peuples venus des contrées voisines et par la côte fluviale eurent pour activité principale le commerce et la pêche. C’est dans cette logique qu’ils s’installent, participent depuis plus d’un siècle au développement du Logone et Chari sans jamais réclamer autre chose que la paix… La vue aérospatiale de ce département  permet de remarquer que le site de ces minorités se trouve être essentiellement situé au lieu dit Guebala, une zone littorale qui s’étend d’une part  de Kawadji à Lacka au Sud de l’arrondissement de Kousseri et d’autre part de Krouang  à Madagascar en passant Ngargoso. Mais curieusement, l’intégration de ces minorités reste jusqu’à nos jours parsemée de crises et de nuisances de la part de ceux qui à tord ou à raison, se disent à leur corps défendant  autochtones envahis par des « étrangers ». Et pourtant, comme l’attestent les illustrations qui suivent, ces « autochtones » sont des agitateurs, calculateurs, orgueilleux, revanchards et des gens très jaloux dont la main tendue ne sert jamais à donner, mais plutôt à recevoir, jamais à saluer mais à salir, jamais à tenir, mais à détruire. L’évidence saute à l’œil dès lors qu’il est démontré qu’en matière politico-économique, ces minorités au prix de leur sang et de leurs biens, ont  permis au parti au pouvoir d’asseoir son hégémonie au moment où les soi-disant « autochtones » hésitaient entre une certaine opposition porteuse d’espoir « religieux » et un parti politique symbole du pouvoir. La fidélité de ces minorités au parti au pouvoir, aurait (devrait) servi au moins de « cordon sécuritaire » autour de leurs intérêts, faute simplement (ce qui nous semble objectif) de déclencher de la part du gouvernement une action prompte d’arbitrage de ces différends. De la purge ethnique de Dollé en 1979  au plan macabre de déguerpissement de 2010 en passant par la confiscation et destructions des biens, discrimination, meurtres impunis et destitution arbitraire des autorités traditionnelles, ces minorités sont en droit de se considérer comme étant des citoyens de deuxième zone, nonobstant quelques promotions politiques  qui ne servent qu’à les distraire, sans réellement résoudre le problème qui est le leur. Aussi les cris et images qui suivent, nous rappellent-ils du lointain le sort pathétique des mineurs de Montsou dans l’Univers de BLACK BOY de Richard Right qui n’eurent pour seul et grand espoir de libération, que l’intervention divine plutôt que le « Calibanisme » ou  voie de la révolte pacifique symbolisé par Caliban dans UNE TEMPETE d’Aimé Césaire. Dans tous les cas de figure, nous avons l’obligation aux risques de choquer de présenter les faits tels que nous les avons identifiés, mais aussi de décrier la passivité sinon la complicité de certaines autorités administratives qui traduisent en fin de compte la faiblesse et légèreté du gouvernement dans la gestion des crises…….Et que ne sait-on pas de l’insécurité née de la marginalisation des Senoufo et Malinkés au nord de la Côte d’Ivoire, de la descendance de la dynastie Al-Sanusi de Bengazi en Lybie ?   Let’s watch out !

Etape n° 1:  GROUPE  MASSA

Le  Sultanat de KOUSSERI (Chefferie du 1er degré) est constitué de deux Lawanats (Chefferie de 2è degré) et de plusieurs Blamas (Chefferie de 3ième degré. L’un des Lawanats, celui des GUEBALA est dirigé depuis sa création par les Massas. Aussi, l’exploitation des archives nous permet-elle de comprendre qu’entre 1950 et 1971, Sa Majesté BABOU  est à la tête de cette Chefferie. MONONA BABO, son successeur désigné est très jeune et ne peut prendre les rênes du pouvoir. Une régence est mise en place et assurée par M. Abdou NAMSOU qui meurt en 1983. Entre-temps d’épais nuages s’amoncellent sous le ciel de cette Chefferie. La vacance de six ans attise les appétits de SM  Moussa MAHAMAT (le sultan de KOUSSERI)  qui y installe en violation des procédures officielles, son propre fils ABBA  Mahamat. Voilà un indicateur qui révèle au grand jour les élans dictatoriaux d’un monarque qui se plaît à imposer un chat à la tête des lapins. Ne sera-ce pas ahurissant d’apprendre qu’un breton sans ascendance Camerounaise, soit devenu Président de la république Camerounaise, et de là, Comment admettre qu’à un niveau plus bas, l’on veuille imposer aux minorités massa, musgums, sara, etc. un dirigeant Kotoko ? Le gouvernement de la république informé laisse faire et durant  un quart de siècle, la dictature kotoko exploite et réduit au silence ces minorités.

Le 02/10/2012, SM ABBA MAHAMAT en sa qualité de Chef de 1er degré et sans consultation préalable des populations concernées, désigne son frère cadet Garba MAHAMAT comme Chef de 2è degré de GUEBALA, avec curieusement  résidence dans une autre chefferie.. (Voir  document ci-dessous ). Qu’un Chef traditionnel, en lieu et place du MINADT se permette en déphasage avec la loi, de nommer  un autre chef, nous semble bien pittoresque.

Lettre + Sultan Kousseri

Archives ODH – 2013

 

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