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Le  21 juillet dernier, nous dénoncions les méthodes  licencieuses, indécentes et scabreuses du Commandant de la Brigade Territoriale de Mora(CBTGM). Cet Officier de Police Judiciaire chevronné était au cœur d’une pratique qui nous rappelle l’époque de la GESTAPO. En effet, le  jeune ABDOUL-AZIZ ABDOULAYE, 26 ans domicilié à Mora est présumé coupable de vol d’une moto. Il est arrêté le 28-6-2017, bastonné à la machette et soumis à plusieurs formes de tortures, visant à lui arracher les aveux. Plus les séances de tortures allaient crescendo, plus il maintenait sa non culpabilité. Puis vint ce jour où le plaignant désiste et fait comprendre que sa moto était entre d’autres mains. Il fallait donc libérer ABDOUL-AZIZ ABDOULAYE déjà très souffrant et lui permettre de suivre les soins d’urgence. Le refus du CBTGM surprend puisque son maintien ne se justifiait plus. La colère de la famille monte, les pressions se multiplient, puis vint le 02 Juillet dernier, jour où  ABDOUL-AZIZ ABDOULAYE est soustrait des cellules et transféré d’urgence dans une clinique de la Place. Après cinq jours d’hospitalisation, ne pouvant plus tenir financièrement, il est autorisé à retourner en famille et continuer ses soins concomitamment. Le bilan médical est troublant :

  • CERTIFICAT MÉDICO-LÉGALE  du 08 Juillet 2017 signé du Docteur IBECK Marcel, Médecin à Mora, nous lisons : «  Lésions dorsales surinfectées, de contusions thoraciques (…) Membres Inférieurs d’une impotence fonctionnelle.(…) Incapacité de 25 jours. »
  • CERTIFICAT MÉDICO-LÉGALE  signé du 10 juillet 2017 par le Médecin traitant et Directeur de la CLINIQUE LA VOLONTÉ du Dr  MOUSSA DJIDDA, nous lisons : «  Multiples plaies contuses et infectées du dos et des membres inférieurs. La radiographie ne montre aucune lésion osseuse. (…) Incapacité physique partielle de 30 jours, sous réserve de complications ultérieures. »

LA JUSTICE EST-ELLE AUX COMMANDES DE QUI ?

Le  14 novembre dernier, contre toute attente, le tribunal de Mora qui juge cette affaire, affiche  une kyrielle de contradictions. On a vite l’impression d’assister à une pièce théâtrale…La gendarmerie mise en cause ne comparaît pas. La torture et traitements dégradants subis par ABDOUL-AZIZ ABDOULAYE ne sont pas à l’ordre de jour…On y parle de tout, sauf de l’essentiel. Et à la fin, c’est ABDOUL-AZIZ ABDOULAYE qui écope de 05 ans de Prison assortis d’une amende de cent milles francs. Surprise générale. Le  Ministère Public essaye en vain de recentrer les débats, non sans remettre en cause la peine infligée au pauvre ABDOUL-AZIZ ABDOULAYE. Les carottes sont cuites et la messe dite. M. ABDOULAYE  BOUKAR, 69 ans et père d’ABDOUL-AZIZ ABDOULAYE nous livre ses impressions à la suite de ce procès qui lui a fait penser à un règlement de compte.

ENTRETIEN

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La nuit a été très longue, après le verdict qui condamne votre fils à 5 ans de prison….

Très longue. Ce que j’ai entendu au tribunal me fait penser que la vérité n’est plus unique et acceptée de Dieu. C’est de la  pure fabrication du plus fort, du plus influent. Le  sort de chaque individu peut aussi dépendre de l’humeur du plus fort. Et lorsqu’en justice un magistrat intimide et ridiculise celui qu’il juge, je comprends que ça ne va pas.

Que voulez-vous dire concrètement ?

Je ne sais pas exactement ce qui envoie mon fils en prison. Tout y est flou.

Comment expliquez-vous cela ?

Mon fils dans les mains des gendarmes, est battu comme l’on aurait frappé un serpent boa. Blessé sans soins et mal alimenté, il est resté enfermé dans les cellules durant cinq jours. Il a fallu des acrobaties pour que le Commandant de brigade accepte que nous le  conduisions  à l’hôpital. La suite vous le savez. La famille s’est investie pour les soins. J’attendais au tribunal les conclusions de l’enquête après que Yaoundé ait envoyé à Mora des enquêteurs entendre mon fils et ses tortionnaires. A ma surprise, c’est mon fils qui est condamné…

Pourquoi l’avait-on arrêté  au départ ? N’est-ce pas pour cela qu’il est condamné ?

Accusé de vol sans preuves et par la suite, le plaignant s’est excusé en disant que la moto se trouvait ailleurs. Hier à la barre, le même ancien plaignant a réaffirmé que mon fils n’avait jamais volé sa moto.   Et même si mon fils l’avait fait,  fallait-il cinq jours de tortures pour le corriger ? Fallait-il le battre avec la machette jusqu’à ce point ? Fallait-il  humilier mon ethnie à la barre ? Je suis surpris…

Qu’est-ce qui vous fait croire que votre ethnie a été indexée au tribunal ?

Lorsque le juge demande à mon fils le nom de son ethnie, il répond  PODOKO. Et immédiatement il s’est livré à une forme d’injures qui consistait à établir négativement  des ressemblances entre l’apparence de mon fils et les particularités de notre ethnie. Ne  trouvez-vous pas cela injurieux ?

Qu’a-t-il dit réellement à votre fils ?

« Voilà, tu ressembles à ton village, ton habillement, ta façon de parler, ta manière d’être ressemble aux PODOKOS »

Où en est le mal ?

Nous sommes une minorité ethnique dans le mayo-Sava qui a trop souffert de la dictature des plus nantis, des plus forts et des plus influents qui nous ont toujours traités en esclaves.. Et lorsqu’on se permet de nous le rappeler en public et avec mépris, cela dérange, cela trouble. Je ne peux pas prendre cela pour de la blague. On ne va pas au tribunal blaguer, mais trancher.

Peut-être n’avait-il pas cette intention-là ?

Je ne vous crois pas. Il y avait de la vengeance dans ces mots. Puisqu’il a dit en plus, parlant de ma fille, la grande sœur d’Abdoul que « votre sœur se croit très importante(…) elle a les moyens et l’audace de vous défendre partout. Dès qu’il y a moindre problème, elle saisit les Droits de l’Homme (…) Je vais vous envoyer en prison(…) C’est moi qui décide à Mora aujourd’hui (….) et Yaoundé viendra régler votre problème après. »  Comment appréciez-vous cette déclaration de guerre ? Où est le rapport entre l’affaire qu’on jugeait et le fait que ma  fille se soit positionnée dans la défense des Droits de son petit-frère ?

Pourquoi et au profit de qui, selon vous le Juge se vengerait-il ?

Je voudrais d’abord savoir pourquoi les gendarmes qui ont torturé mon fils n’étaient pas convoqués à la barre ? Qu’est-ce qu’on jugeait réellement hier puisqu’il n’y avait ni plaignant, ni accusé, mais surtout un torturé en l’absence de ses tortionnaires ? Comme il a parlé de mon ethnie PODOKO, je me permettrais aussi de me demander si le fait qu’il soit comme le Commandant de Brigade  de l’ethnie TOUPOURI, ne justifie–t-il pas son agitation et l’apparent soutien qu’il accorde à ce dernier qui est l’un des tortionnaires de mon fils ?

Trouvez-vous que cela soit possible ?

Ce que j’ai entendu hier m’oblige à penser de cette façon. D’ailleurs, lorsque je regarde comment le Procureur réagissait, je comprends que lui aussi n’était pas d’accord avec la conduite du procès.

Qu’entendez-vous faire à l’immédiat ?

(Yeux larmoyants puis en sanglot)…….

Et après, si on vous demandait de proposer une autre manière de traiter cette affaire, que feriez-vous ?

(Long silence, nettoie ses larmes) Je pense que le pays se porte mal parce que, certains camerounais sont au-dessus de la loi. Que voulez-vous que la jeunesse copie comme exemple, lorsqu’un Commandant de Brigade avec preuves est accusé de tortures, de tentative d’assassinat de mon fils à qui, il a refusé les soins médicaux alors qu’il croupissait  dans ses cellules ? Est-il normal qu’un monsieur comme celui-là reste en poste, impuni, dans la même ville et bénéficie de la protection de la Justice ? Est-ce qu’il est poli pour un magistrat de froisser publiquement quelqu’un à la barre en passant par son ethnie qu’il essaye de ridiculiser ?  Avait-il besoin d’évoquer publiquement  la sœur de celui qu’il juge à des termes de menaces et de mépris ?

Propos  Recueillis le 15 Novembre 2017

Par  Xamely de Kenné

TRADUCTRICE : Mme  APSATOU, témoin du procès 

POSITION  DE L’OBSERVATOIRE  DROITS DE L’HOMME

Qui sommes-nous pour donner des injonctions aux excellents diplômés de l’ENAM ? Quelle compétence avons-nous, pour prétendre remettre en cause, les choix d’un brillant juge ?  Sans feindre afficher profil bas, nous voulons à travers ces questionnements, attirer l’attention des uns et des autres, sur les élans de suffisance affichés par certains magistrats qui pensent, mais à tord qu’après  GOD THE FATHER, ce sont eux qui dirigent les terriens que nous sommes….Une folle et naïve suffisance très visible dans les tribunaux du grand nord, où il est récurrent d’entendre un magistrat dire à un usager dans la rue et contre suppliques et génuflexions du pauvre et naïf ignorant qui tremble, des propos du genre « si tu t’amuses, je vais t’envoyer en prison », ? Ou encore « retrouves-moi demain au bureau, ok ? ».. Cependant, purs analphabètes que nous sommes du prestigieux DROIT dont bon nombre d’entre-eux, se prévalent d’en être dépositaires, nous nous limiterons ici, dans une approche du BON SENS, à poser quelques questions dont les réponses peu convaincantes de leur part, nous en sommes certains, étaleraient leur faiblesse et toutes les ignobles répercussions des actes qu’ils posent.

PROCÈS KAFKAÏEN ?

  • Pourquoi le jeune ABDOUL-AZIZ ABDOULAYE, accusé de vol sans preuves, suivi du désistement de son plaignant est-il condamné à 5 ans de prison ferme, avec une amende de Cent milles francs ?
  • Pourquoi la justice n’a-t-elle pas intégré dans ce procès, les atrocités qu’il a subies tout au long de sa garde-à-vue ? Que pense la justice de la plainte que sa famille a déposée contre le commandant de Brigade Territoriale de gendarmerie de Mora pour complicité de tortures et traitements dégradants, alors que ce dernier était encore interné à l’hôpital ?

DÉNI DE JUSTICE ?

  • Quelle est la suite de la procédure intentée contre le Directeur de l’École Publique de KASSA-DARA, Arrondissement de Mora, sur qui pèsent plusieurs infractions dont entre-autres :
  • Détournement des frais de dossier[1] du CEP et CONCOURS de ses vingt élèves (10 milles x 20 élèves = 200 milles francs) pour le compte de l’année scolaire 2014-2015 ;
  • Détournement des frais d’établissement des Actes de Naissance de cinq des vingt concernés = 15 milles francs ;
  • Responsabilité de l’année blanche de ces enfants qui n’ont pas pu présenter leur examen et Concours d’entrée en 6è ;
  • Quelle est la suite de la dénonciation (assortie des noms des victimes) que nous avons faite en 2013 contre certains geôliers de la Prison de Mora, présumés coupables de : d’escroquerie, trafic de drogues, tortures, traitements inhumains, exploitation esclavagiste des prisonniers (préalablement dopés) dans des champs de fortune ?

ABDOUL-AZIZ ABDOULAYE  serait-il donc le plus mauvais exemple de la cité ? « That is our question……… »

Xamely de KENNE

 

[1] En violation des Instructions  du Président de la République qui en cette période, avait prescrit pour certaines Écoles, dont celle-là, la gratuité des frais des examens et concours pour tous élèves, compte tenu de l’état d’insécurité qui avait émaillé toute l’année scolaire.

Lien de la dénonciation du Commandant de Brigade de Gendarmerie de Mora: psydh.wordpress.com/2017/07/21/cameroun-mora-les-preuves-qui-accablent-le-commandant-de-la-brigade-t-de-gendarmerie-presume-tortionnaire-dune-autre-ere/

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