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Samedi 29 Avril dernier, non loin du lieu-dit BARMA, peu avant minuit, s’est produit un scénario d’une autre époque entre nos militaires du BIR et ceux de la force multinationale, tous engagés dans la guerre contre BOKO HARAM. « A ma connaissance, tout est parti d’un malentendu entre un les gars du BIR et un militaire de la force multinationale (…) Je ne saurais vous dire la cause. Cependant, lorsqu’on scrute leur quotidien et surtout le site où se produit la scène, il y a de fortes raisons de penser que la haine entre ces hommes serait partie d’une question de femmes », nous confie sous le couvert de l’anonymat, un enseignant arrivé sur les lieux au moment où, le Sergent-chef René DJOCK la victime se faisait lapider par une dizaine des éléments du BIR. «  je suis gêné de constater que ce militaire mort à coups de pierres, parpaings, cailloux, etc. lancés  par les gars du BIR, est celui qui tentait de ramener le calme entre ses frères d’armes de la force multinationale, tous camerounais et ceux du B.I.R déterminés à faire le bilan, si je m’en tiens aux propos violents que ces birois distillaient tout au long de la joute oratoire qui précède la mort de l’autre », déclare en substance un Inspecteur de police en civil témoin de la scène. Et de là, l’on peut bien se demander ce qui se passe dans ce corps qui depuis un certain temps, confond ses cibles. Illustrations non exhaustives :

  • Septembre-Octobre 2015 à Mora : Deux militaires tombent sous les balles de leurs frères d’armes, en pleine ville et dit-on par négligence
  • Novembre 2015 à Mora: Un gradé cocu jette la pierre sur un sous-officier surpris dans les bras de sa concubine. Le sous-officier qui n’est pas n’importe qui, réagit par des coups de feu. Heureusement le gradé échappe au moment où, les éléments du BIR arrivent et désarment le sous-officier.
  • 11 Novembre 2015 à Kousseri: Le Caporal Jonathan apolinaire Manga abat froidement M. Abdoulaye Mahamat, un tôlier quinquagénaire et ouvre le feu  sur son frère d’armes, aujourd’hui évacué à Yaoundé.
  • Novembre 2015  entre Maroua-Mora: baignant dans des vapeurs alcooliques, un conducteur militaire cause un accident qui fait à ce jour, cinq militaires décédés.

Est-ce une question de saturation psychique ou simplement  le fruit d’une mauvaise hygiène de vie avec son avalanche de répercussions ?

Dans un rapport adressé au MINDEF le 17 novembre 2015, fustigeant le comportement de certains de nos soldats, nous écrivions : « Sans être de stratèges de combat, nous restons persuadés que l’hygiène de vie participe aussi de la performance du soldat, surtout par ces temps de crise. L’histoire des  conflits renseigne que les troupes de Charlemagne, empereur d’Europe, des Chanceliers Cavour en Italie et Bismarck en Allemagne,  de Napoléon Bonaparte en France, d’Hitler en Allemagne, de Lafayette aux USA, durent leur victoire essentiellement de leur conduite morale et psychique.  L’alcool et le coït leur étaient interdits jusqu’à la victoire. Et alors, comment admettre, tolérer que nos hommes, bérets verts essentiellement soient   toujours saoul d’alcool par ces temps incertains ? À quoi devrait-on s’attendre d’un Soldat qui s’épuise à longueur de nuit avec des prostitués ?  Quelle armée réussit-elle avec des hommes potentiellement affaiblis ? Que deviennent de nos jours les traditionnels « Etats d’alerte » qui  éloignaient le soldat de sa famille et toutes distractions susceptibles de compromettre ses performances physiques et psychologiques ?   Lorsqu’un  militaire tire (par erreur ?) à bout portant sur son frère d’armes placé  à moins de deux (2) mètres de lui, il faut bien comprendre que ça ne va plus. Lorsqu’un autre ivre d’alcool, conduit à tombeau ouvert et cause la mort de ses frères d’armes, c’est résolument la côte d’alerte…. »  

         Signal fort qui n’a rien perdu de son essence deux ans après, quand on sait que la mort de  Sergent- Chef  Djock Réné, le week-end dernier à Mora, survient dans une zone réputée  « polluée » par des émanations éthyliques et des miasmes suffocants  des prostitués.

         Comment ne pas regretter que deux jours plutôt  à Douala le 2è Classe  Winga Goulotte Daniel un élément du B.I.R  exécutait deux dames au lieu-dit Carrefour Elf ? La première Divida Gourda, 22 ans meurt sur le champs et l’autre Banibek Rose 25 ans, portant une grossesse de huit mois, meurt quelques instants plus tard. Ces deux victimes venues protéger leur consœur Kouakeu  prises dans les tenailles du Commando ( avec qui elle venait de passer un temps de plaisir)  en payent  le prix.

C’est comprendre soit que la batterie de mesures disciplinaires prises par le MINDEF est en déphasage avec la réalité, pour ne pas avoir une incidence sur la conduite des troupes ; soit la procédure de recrutement laisse filtrer des « déchets » qui parviennent toujours à ternir l’image de ce corps. Il faut le dire avec force au regard des dérives de ces hommes, dont la liste ci-dessous et non exhaustive  des victimes, démontre que le mal va crescendo :

  • Mars 1987 : En plein printemps reconnu par sa chaleur, dix hommes en garde-à-vue meurent étouffés dans les cellules de la Brigade Territoriale de Maga. Les sanctions n’ont pas suivi.
  • Eté 2005 : Un maréchal-des-logis Chef, en service à la Brigade d’AFADE (Logone et Chari) est gravement accusé de trafic humain par deux jeunes hommes qui saisissent les instances judiciaires du pays ; rien n’y fait jusqu’à ce jour sous le regard éberlué des victimes qui entendaient le gendarme dire que ces « relations en haut lieu de république restent valables pour sa protection ».
  • Entre 2010 et 2012, les militaires de Mora avaient imposé des taxes aux populations de Zouelva et instauré des tribunaux spéciaux dont les sanctions oscillaient entre flagellations publiques et amendes.
  • Novembre 2011 : Un officier subalterne dont nous taisons  le nom, en service au 32è BIM de Mora, bastonne à mourir un jeune opérateur économique. L’affaire est vite étouffée et le fantassin muté à l’ambassade de Chine sans la moindre punition, mais une promotion une promotion à la clef.
  • Début Décembre 2011 : Un gradé et un Sous-officier du 32è BIM de Mora abattent froidement un lycéen (jamais confondus à un coupeur de route). Le Rapport d’enquêtes de la Gendarmerie essaye sans convaincre de blanchir  ces deux hommes.
  • 19 et 20 novembre 2012 dans le Mayo-Tsanaga: une escouade de l’armée composée du BIR, militaires du 32è BIM Mora et de la Gendarmerie de Mozogo toute à la suite du sous-Préfet Mebega Yaya de Mozogo , saute sur les populations de Nguetchewe et leur infligent toutes formes de violences. Quelques victimes : M. MADI  HAMAN 48 ans, M. SALLY  AMADOU 25 ans, Mme  HADJA  HAÏSSATOU 60 ans, M. DOUGDGE 22 ans, M. AMADA  Abdoulaye 37 ans, M. GUIDANA  OSEE 28 ans…
  • 27 novembre 2012 à  Maga, M. Oumar  WALNANKAYE, quinquagénaire et  Vice-président  de la Sous-section  RDPC de PIDTOKOI, LAWANAT de NGOULMOUNG,  Canton de POUSS, Arrondissement de MAGA, est arbitrairement gardé-à-vue dans les cellules de la Brigade Territoriale de Maga. Il y avait subi d’intenses bastonnades.
  • 01 décembre 2012: Le Commandant du détachement du B.I.R en poste à MAGA, un officier, abat froidement un jeune lycéen de cet arrondissement. Nous sommes convaincus que l’intéressé restera libre. C’est un privilège au Cameroun d’être Militaire ou Gendarme. Pour autant qu’il y une semaine, des gendarmes et militaires agissant comme des Coupeurs de route, flagellaient les populations de l’arrondissement de MOZOGO (Département du Mayo-TSANAGA), sous le regard amusé du Sous-préfet….
  • 17 Avril 2013 : HALGUA   NZE  JACQUES, 20 ans,  est soigneusement  battu part des militaires du 32è BIM  de Mora, en détachement à Malika. La victime porte plainte le lendemain contre ses bourreaux et fustige l’attitude du Commandant de cette Unité. L’Antenne SEMIL de Maroua qui suit l’affaire n’en donnera aucune suite.
  • 11 février 2013  à Mora ; Raïssa Aboubakar Etudiante à Ngaoundéré,  Fané  Ndidda, de la 1ère D au Lycée de Mora, Ali David  Ismaël, Informaticien,  sont tout à tour brutalisés par Nkemengne, un militaire en service au 32è BIM (d’alors) de  MORA ;
  • Avril 2016 à Mora : Un sergent  du BIR, dont nous taisons le nom ouvre le feu  sur sa copine, femme mariée en plus. La balle qui transperce le thorax lui épargne de justesse la vie. Les images ci-dessous restent poignantes.
  • Février 2017 à Mora: Un sergent de la Force Multinationale ( détachement du Bataillon Spécial Amphibie (BSA) de Tiko) bastonne et piétine une fillette de 17 ans avant de se faire arrêter quelques jours plus tard pour  avoir ouvert le feu sur un de ses Camarades qui de justesse échappe à la mort.

femme victime du BIR 1 +femme victime du BIR 2 +

Victime et présumée concubine de son bourreau, élément du  B-I-R

L’ARMÉE  CAMEROUNAISE APPARTIENT AU PEUPLE  CAMEROUNAIS ET AUCUN MILITAIRE DE QUEL QUE CORPS QUE CE SOIT, N’EST  INDISPENSABLE.

          C’est le lieu pour nous de fustiger l’esprit de suffisance, le zèle qui frise  mépris et arrogance inutile que les éléments du  BIR ont tendance à afficher sur la voie publique au point de dédaigner  d’autres corps armés.  S’il est vrai que la victoire de nos troupes  contre Boko Haram porte en grande partie les empreintes décisives des éléments du BIR, il va sans dire que cela  se justifie aussi par les missions assignées à ce corps d’élite qui gagne au bout d’efforts conjugués  de toutes  les forces armées en présence, y compris les  Comités de Vigilance et populations. Se croire plus fort, plus grand, adoré, etc. n’est que la résultante d’un mental immature et moins  irrigué. L’humilité s’impose !

Avant le  BIR, notre armée existait et a su faire ses preuves. Le BIR et d’autres corps de défense et de sécurité,  font leur  histoire. Demain d’autres  écriront  la  leur, tout comme leurs aînés des années d’indépendance ont démontré devant des nationalistes hyper-formés par les Communistes comme « Tchato Dynamic » et  « Cloche du 25 Mai » et d’une nuisance qui a coûté cher à l’armée régulière, qu’il suffit de courage et de détermination face au péril, pour triompher avec gloire….

femme d'un NationalistePhotos- archives  Odh
« Cloche du 25 Mai », un nationaliste tombé dans les filets de l’armée Camerounaise à NIABANG, vers Melong (Moungo). Elise son épouse présente sa tête aux populations le 11/12/1963.On peut apercevoir au sol, bien d’autres têtes de nationalistes.

Emmanuel   MOMO

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