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Les populations du Mayo-Sava sont de manière régulière, victimes de violences permanentes de la part des forces de défense et de sécurité. Bastonnades ici, menaces de mort et confiscation de biens là-bas, partouzes par moments, fusillades, etc. Nous ne sommes pas loin de  la kyrielle d’exécution d’innocents jeunes il y a moins de 5 ans seulement,  par de militaires incapables de justifier leurs actes. Il y a peu, c’est un Inspecteur de Police du Poste de Police de Kourgui, qui était accusé d’avoir proféré de menaces de mort à un sexagénaire et son fils. Quelques semaines plus tard, ce sont des gendarmes de kolofata qui tentaient sous fond de violences, d’arracher un peu d’argent d’un jeune homme, qui pourtant était en pleine exécution d’un service à lui demandé par le responsable d’Achat du corps d’élite B.I.R de kolofata. Et la liste est bien longue. Toutefois, l’apparente accalmie consécutive à nos dénonciations, n’est point comparable à une forêt sans félins. Il faut scruter le quotidien de ces populations poltronnes pour appréhender  toutes les formes d’injustice qu’elles continuent de subir de manière subtile et stoïque. Kourgui, banlieue située à 7 km de la Préfecture du Mayo-Sava à Mora, est le théâtre hier soir d’une scène gênante. Un sergent de la Force Mixte Internationale (Contingent du BSA- Bataillon Spécial Amphibie -TIKO) a marché sur une fillette, sans qu’on ne sache trop ses réelles motivations. L’Entretien qui suit avec la victime, est révélateur de ce que chacun serait libre de décrire…

Kaizer  Xamely – 21 Février 2017

ENTRETIEN

Mademoiselle que peut-on retenir de ton identité ?

Je me nomme Christine OMBRI, je fréquente la classe de 4è Allemand au Lycée de Kourgui.

Qu’est-ce qui s’est passé ce soir ?

Je suis allée à la Douanes (ndlr : devenue une des bases de la force multinationale) comme d’habitude, pour puiser de l’eau. Etant là-bas, j’ai constaté qu’il y avait les bidons des militaires déjà classés. Je devais attendre mon tour avant de puiser. Mais parmi nous qui attendions, se trouve un gars du quartier qui s’appelle Hamao. C’est donc lui qui est choisi par BADJAS (ndlr : Sergent BIDIAS) pour pomper l’eau. Il refuse de le faire et BADJAS l’arrête et le tape. Après cela il s’est enfui.

Comment est-il arrivé à te frapper ?

Lorsque Hamao a fui, BADJAS a directement appelé un autre militaire de venir pomper l’eau. Pendant qu’il le faisait, je causais avec ma sœur Martine. Et puis subitement, BADJAS m’a demandé de quitter le camp rapidement. Pendant que je m’efforce de quitter, il a d’abord tenté de me jeter un caillou avant de me racler. Lorsque je suis tombée, il s’est mis à me piétiner.

Pourquoi selon toi, devais-tu partir de leur camp ?

Je ne sais pas. Mais peut-être il croyait que je parlais de lui avec Martine.

Martine et toi parlaient en quelle langue et pourquoi  n’a-t-il pas dit à Martine de partir aussi ?

Nous on parlait en  Mandara (ndlr: langue locale) et je ne sais pas pourquoi il s’est attaqué à moi seule.

As-tu eu des problèmes avec lui avant ?

Oui, en décembre de l’année passée, j’étais allée à là-bas (ndlr : camp douanes, devenu base militaire) remettre un colis à M.P (ndlr : Soldat de la même Unité). Mais il était absent. C’est à BADJAS que j’avais laissé le colis. Malheureusement, M.P n’a jamais reçu son paquet et les assiettes avaient été jetées dans la poubelle par BADJAS.

RAPPORT MEDICAL :

En attendant en savoir plus, le Service des Urgences parle de « douleurs localisées au niveau du coude droit (….) traumatisme »

Propos recueillis à Kourgui-Mora le 20 Février 2017

Par  MATAKON KALDAOUSSA Evariste – Stagiaire ODHRM

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