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Le nommé YOUNOUSSA, 36 ans, marié et père d’enfants qui se présente comme auxiliaire civil du B.I.R-Kolofata, échappe au « pire »  après qu’un maréchal-des-logis de la brigade territoriale de Gendarmerie de Kolofata, l’ait copieusement battu avant de le conduire dans les cellules de ladite Brigade (délocalisée à Mora pour raisons de sécurité) . De retour de sa brève garde-à-vue,  il se confie à nous…

M. YOUNOUSSA, QUE PEUT-ON RETENIR DES RAPPORTS QUI EXISTENT ENTRE VOUS ET LE BIR-KOLOFATA ?

Depuis près d’un an, je suis celui qui assure le ravitaillement en vivres du BIR-Kolofata. J’effectue de ce fait la liaison MORA-KOLOFATA.

Comment naît l’incident du Lundi 23 janvier dernier ?

Je revenais de Mora, porteur comme d’habitude de vivres. Après avoir été contrôlé par les Comités de vigilance, les militaires du 42è BIM, le contrôle mixte gendarmes-policiers de Kourgui, je tombe sur le contrôle mixte de ZIZE, constitué des gendarmes et policiers de kolofata qui m’ont rendu la vie dure…

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je suis connu là-bas. Même le policier l’a dit. Il m’a reconnu comme étant celui qui ravitaille le BIR- Kolofata. Mais cela ne l’a pas empêché de me gifler lorsque je me suis opposé à la mise en fourrière de la moto. Pareil pour le Maréchal-des-logis qui m’a battu, m’a menotté, puis m’a conduit en cellule à Mora.

Pensez-vous qu’il soit possible que vous subissiez tant d’injustices si au départ, vous ne leur avez pas manqué de respect ?

Si le fait de résister à l’injustice, signifie manquer de respect, cela me surprendrait. Puisque le Sergent « D », Ordinaire du BIR-Kolofata que j’appelle pour demander secours,  me dit de passer le téléphone aux  policier et au gendarme afin qu’il intervienne en ma faveur. Mais ceux-ci s’en opposent. Le policier dans un élan de moquerie m’a demandé ce que je gagne à aidant ces gens-là (BIR) et le gendarme à son tour de dire que les « militaires sont très chiches(…) tu crois que si tu as des problèmes ils peuvent t’aider ? »..

Et comment s’achève l’histoire ?

Grâce à l’intervention de deux éléments du BIR, je suis libéré de la Brigade, après quelques minutes de garde-à-vue. La moto et vivres sont restitués et mon voyage pouvait reprendre son cours.

Vous êtes libre…Mais ne voyez-vous pas que votre arrestation peut aussi se justifier par ces temps d’insécurité, où un terroriste peut lui aussi tromper la vigilance des FDS et se passant pour celui que vous êtes, c’est-à-dire un auxiliaire du BIR ?

Vous avez raison. Sur ce, je n’ai pas à me plaindre. Mais pourquoi n’avoir pas accepté de parler au téléphone avec l’Ordinaire de Kolofata ?

Si, qu’est-ce qui prouve que celui que vous présentez comme Ordinaire du BIR-Kolofata, était bel et bien celui-là et non un terroriste caché derrière une ligne téléphonique ?

Je vous comprends. Dans ce cas fallait-il me gifler ici, rosser des coups de pieds là-bas et me menotter  alors que le policier m’a reconnu comme étant celui qui je suis ? Pourquoi ne m’avoir pas maintenu sur place et attendre que le B.I.R-Kolofata intervienne ? Vous voyez que ces gens avaient de mauvaises intentions.

Propos recueillis à MORA

Le  26 Janvier 2017

Par  KAIZER   XAMELY

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