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               M. Alhadji IBRAHIM,

Notre Invité se présente comme étant l’une des victimes de  la mafia dont la toile est tissée et protégée par certains responsables publics à Mora. l’Entretien qui suit, se veut significatif des souffrances endurées par les masses poltronnes et surtout incapables de dénoncer tous ces abus. Il faut donc agir et réagir pour que espoir renaisse dans ces cœurs meurtris au-dessus desquels, se hissent des têtes déboussolées…

Le  Sultan de Mora assigné en Justice, cela n’arrive pas tous les jours. Qu’est-ce qui s’est réellement passé ?

Tout part d’un terrain titré de feu Alhadji MAHAMAN DJAORO, dont je suis un élément de sa large progéniture. Un jour, nous avons constaté que Monsieur MAHAMA WASSA y avait engagé des travaux de construction. Comprenez la surprise. De fil à aiguille, notre enquête nous a permis de comprendre que cette situation était la résultante d’un deal triangulaire savamment monté et bien huilé entre ce dernier, Amadou  ABATI le vendeur et le Sultan qui a délivré le Certificat de Vente contre un taux de pourcentage correspondant au coût de vente dudit terrain.

Le  vendeur est-il un proche parent à vous ? Si non, Comment expliquez-vous qu’il se soit introduit avec autant de facilité chez vous au point de procéder à la vente de votre terrain et à  l’insu de toute la famille ?

Non, il n’est pas un proche parent. Cependant il me souvient qu’il y a longtemps que ce dernier avait acheté à trois cent cinquante mille francs, une partie du patrimoine familial auprès d’Abdoul Maliki, mon cadet et à l’époque mineur. Toutes choses qui ne furent pas toujours légales. Abdoul Wahab, un autre cadet s’est fait aussi prendre dans son piège, lorsqu’il parvint à lui offrir trois cent cinquante mille francs contre une autre parcelle du même patrimoine.  Au vue de ces actes, il n’est pas injurieux de le qualifier de malintentionné. Si non comment corrompre des mineurs et leur arracher de manière inconsciente et illégale, leur héritage ? Et lorsque l’on se rend compte qu’il a vendu ces différentes parcelles  à trois millions de nos francs chacune, toute autre question est celle de savoir, qui sont ses acolytes ?

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                 S.M  Boukar Aladji Brahim,

                            Sultan de   Mora

       Les riverains selon la procédure, étaient-ils présents pendant la vente ? Le Chef de quartier a-t-il cautionné cette supercherie pour qu’en aval, le Sultan s’y accroche ? Objectivement, cela s’apparente à une mafia aux aspirations cyniques. J’estime qu’il n’est pas malhonnête d’exiger une enquête approfondie afin de comprendre le modus operandi de ces fauteurs de trouble des temps modernes.

A vous écouter, l’on a à l’esprit le schéma d’une forte équipe dangereuse. Mais au regard de votre démarche, vous n’avez indexé que le Sultan…Comment expliquez-vous cela ?

L’intention de la famille reste celle de résoudre au plus vite le problème. Le plus urgent étant de récupérer et de protéger la propriété familiale. Or, en agissant de la sorte seul le Sultan devient notre cible…puisque c’est lui qui donne l’ordre de construire non sans rappeler à ses affidés de n’avoir peur de rien, car «  je suis là », leur dit-il.

Comment devient-il votre cible, alors qu’il n’aurait  fait que conclure une opération menée en amont ?

Il est un fauteur de trouble et voici quelques éléments de preuves :

  • Produire un Certificat de vente pour une opération d’emblée louche, fait peser des soupçons de mauvaise foi de sa part : Je me souviens qu’avant qu’il ne délivre le Certificat de vente qui fait problème, mon frère aîné Abdoul Aziz avisé est allé le dissuader en lui faisant comprendre que ce terrain est titré et ce geste de sa part était risqué pour un homme de son rang. En réponse il dira à mon frère aîné je cite : «  je n’ai pas peur (…) J’ai mon avocat et suis prêt à toute éventualité » ;
  • Dire plus tard à Abdoul Aziz, dans sa Cour, de lui apporter le titre foncier original dudit terrain, pour une mutation du nom du propriétaire ; c’est-à-dire, effacer le nom de notre père et le remplacer par celui de MAHAMA WASSA le nouvel acquéreur, est révélateur de ce que je fustige.
  • Dire à MAHAMA WASSA de s’y construire nonobstant notre opposition, n’est pas un rôle qui honore sa fonction.
  • M’injurier publiquement en me taxant de « kâ’fâ’ssik », qui veut dire « tu es malhonnête », simplement parce que je défends un patrimoine familial, fait réfléchir.

C’est facile de verser dans ce genre de récit. Oui, mais avez-vous les preuves de ce que vous avancez ?

Naturellement et au-delà des limites qu’il se serait forgé.

Alhadji Ibrahim, vous êtes selon toute vraisemblance un fils de la localité. N’est-il pas osé d’assigner un Sultan en Justice ?

Incontestablement, le Sultan de Mora est traditionnellement mon chef. Sur ce point, je n’ai aucun défi à relever. Mais pourquoi croyez-vous qu’il soit impensable d’assigner en Justice, un homme de cette trempe ? En tout cas, celui qui souffre de diarrhée, n’a pas peur de sortir la nuit.  En d’autres termes, n’eut été la nécessité, le singe n’aurait jamais grimpé un arbre épineux. Et attendant assumer les conséquences de mon initiative, souffrez que je rappelle que je suis prêt à tout, si tant est-il qu’un  Sultan est au-dessus de la loi. Bien au-delà, je pense aussi  qu’il faille faire une différence entre le Sultan et celui exerce la fonction. Il y a nuance !

Vous y voyez une nuance, mais pensez-vous que le scénario soit perçu de la même manière par les mandaras ?

Soyons sérieux. Lorsque vous décidez d’agir contre l’injustice, avez-vous besoin de savoir ce que pensent d’autres ?  Je parle bien de l’Injustice qui reste un thème ouvert et compréhensible tant dans le Coran que dans la Bible. Il y a injustice, il y a même dérive, cela mérite d’être dénoncé avec énergie. D’ailleurs, je voudrais rappeler pour votre gouverne que je ne suis ni la première, ni la dernière victime de cette mafia…Des gens à Mora ont perdu leurs terrains de la même manière que ma famille aurait perdu le sien. Les victimes sont nombreuses et je pense qu’il est temps de mettre un terme à ces incongruités.

Et les risques ?

Tout est risque. Manger, boire, rire, etc. nous expose à tous risques. Mais pour le cas d’espèce, C’est beaucoup plus du côté des vendeurs, acheteurs de terrain et complices que nous pouvons scruter le danger. Ils ont du mépris pour la justice et celle-ci n’a pas d’amis dans un Etat de droit. Et je vous livre ici quelques-unes de leurs faiblesses notoires :

  • Le 11 Octobre 2016, Maître KOHO huissier de justice fait sommation à M. MAHAMA WASSA d’avoir à arrêter les travaux.
  • Le 09 novembre 2016, à 14h et sur Ordonnance exécutoire sur minute, le Président de Tribunal de 1ère Instance de Mora m’autorise à assigner M. MAHAMA WASSA d’arrêt de travaux sur notre terrain.
  • Le 22 novembre 2016, un contrôle dudit site par le Président du Tribunal, permet de constater que M. MAHAMA WASSA continuait ses travaux au mépris de l’interdiction à lui faite. Surpris, son Chef de Chantier arguera que c’est le Procureur de la République(PR) qui lui a donné l’ordre d’avancer avec les travaux. Vrai ou faux ? C’est l’occasion pour moi d’en dénoncer en attendant savoir comment la justice pourra gérer la suite.

Pensez-vous que la Procureur de la République près Tribunaux du Mayo-Sava, puisse voler ici-bas ?

C’est difficile de répondre à votre question. Vous savez que des gens de mauvaise foi, aiment utiliser les Cartes de visites qui de leurs parents, qui de leurs amis pour se faire un nom et bénéficier de certains privilèges. Tout dépend aussi de la nature des accointances. Dire que le PR lui a donné l’ordre d’agir peut aussi s’inscrire dans la logique du trafic d’Influence. Mais en attendant en savoir plus, quelques faits me font réfléchir :

  • Au moment où cette affaire éclate, Le PR que je rencontre me conseille de le saisir par écrit au sujet de cette vente illégale. En objet il me conseillera de mentionner : « Atteinte à la Propriété foncière ». Et de préciser que les « textes sont clairs(…) On va le prendre. »
  • A peine la requête rédigée et à lui transmise, il m’avait remis la Convocation de Mahama Wassa pour une confrontation. J’étais tenu de repasser le jour suivant à 10h précises.
  • Après confrontation ce jour-là, il conclura : «  Cette affaire est grave(…) Si jamais vous saisissez le tribunal. Surtout pour vous Alhadji (…) Trouvez un terrain d’entente », puis chutera en disant «  A bon entendeur, salut ! »
  • Lorsque ce Chef de Chantier tient ses propos aussi graves, lors de la descente du 22/11/2016, il ne se cachera pour me dire en présence des autres à peu près ceci : « N’est-ce pas nous avons fini le problème chez le procureur ? Il nous a demandé de revenir dans une semaine(…) Nous y sommes allés et toi pas (…) Et, il nous a ordonné de construire en disant que, si Alhadji Ibrahim venait vous déranger, saisissez-moi par écrit.(..) Je le ferai arrêter »
  • J’ai constaté pendant cet échange, qu’il tenait en main l’Original de l’Assignation d’arrêt des travaux adressée à Mahama Wassa.

Vous dites bien original de l’Assignation adressée à votre adversaire…Comment l’aviez su ? N’aurait-il pas une simple photocopie ?

Une copie, une photocopie ne saurait porter sur elle, un cachet  rouge vif. A moins que ce soit une photocopie couleur. Et c’est justement pour cela que je suis allé me renseigner auprès de l’huissier, besoin de savoir si le PR a reçu ampliation de l’Assignation d’arrêt ; Il dira NON.

Quelle idée vous faites-vous donc  à travers cette lecture ?

Simplement je décris les faits en mettant des points d’exclamation. A chacun d’en déduire.

Entre-temps, avez-vous contacté le Procureur pour en savoir plus de son implication ? Si oui, quelle est sa position ?

Je l’ai fait. Et son attitude ne m’a pas plu. Je n’en dirai pas plus.

De là, pensez-vous qu’il y ait des accointances entre MAHAMA WASSA, le Procureur de la République et le Sultan ?

Je n’ai pas de conclusion à tirer. Je respecte les trois, mais refuse que l’héritage de mes parents soit spolié par qui que ce soit. L’affaire ne fait que commencer.

Je constate néanmoins que le Sultan a validé l’acte illégal de vente qui n’est autre qu’une autre forme de dol. Ce qui est regrettable pour un homme de son rang. L’acheteur a défié le Tribunal en prenant appui sur le Procureur. Le Procureur s’est montré distant lorsqu’il fallait que nous en parlions. La fâcheuse expérience d’il y a deux jours (ndlr : Le 22 novembre 2016) aura donc permis au Président du tribunal de toucher du doigt les réalités. Accointance entre les trois ? Une chose est certaine, ils se sont déjà vus au moins une fois dans la vie !!!

Propos recueillis à Mora le 26 novembre 2016

Par    BABY  JULAGO

DU DROIT DE RÉPONSE DU SULTAN de MORA

ET DU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE

Tous deux ont refusé de jouir de leur droit de réponse. En effet, le 21 Novembre 2016, nous sollicitions auprès du Sultan des WANDALA, un Entretien autour des charges qui pèsent sur lui. L’Objet de cette correspondance est clair : « votre droit de réponse ».  Le Préfet et Commissaire Spécial du Mayo-Sava en avaient reçu copie. Par la voix d’un de ses collaborateurs, le Sultan confirmera ce rendez-vous le 24 novembre. Malencontreusement, notre équipe arrivée au palais au royal à l’heure indiquée, est purement et simplement éconduite comme de vulgaires mendiants en villégiature. Le 15 décembre dernier, il est à nouveau saisi. Nous lui avons clairement dit ceci : « En nous repoussant (…) vous avez du coup refusé de jouir de votre droit de réponse et subséquemment, avez donné le feu vert de publier urbi et orbi ces drôles histoires. ». Le Procureur lui aussi saisi par nos soins et avec accusé de réception, a refusé de nous servir son droit de réponse au terme du délai.

Fait à Yaoundé, le 28 décembre 2016

ISSA MOHAMADOU

 

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