Simon  TCHIAZE, Un ex-cheminot indexe le liquidateur

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La Commission technique de privatisation et des liquidations (CTPL)  de la Mission de Réhabilitation des Entreprises du Secteur Public (MRESP)  procède en Décembre 1998 entre autres opérations, à la Liquidation des droits du personnel de la  REGIFERCAM.  Mais avant cette opération, les travailleurs de cette Entreprise étaient classés derrière deux grands ensembles :

  • STATUT PARTICULIER (SP) : Sont ceux des employés qui à l’intégration furent soumis  comme à la fonction publique, à un Engagement  décennal, lequel leur donnait droit une fois retraités, à une Pension Retraite.
  • STATUT SIMPLE: étaient soumis au régime CNPS

Mais au moment de la privatisation, le liquidateur n’avait pas tenu compte du Statut  SP. Tout au plus, les cheminots étaient repartis en deux sous-groupes :

  • Agents ayant atteint au moins 21 ans de Service : Pouvaient demander la retraite anticipée et bénéficier en retour de la somme de dix millions de nos francs.
  • Agents n’ayant pas atteint 21 ans de Service: Aucune retraite anticipée n’est négociable.
  • Pour les deux groupes, il est possible de négocier un Départ Volontaire. Ici il y a lieu d’apprécier la nuance. Une retraite anticipée est différente d’Un départ Volontaire. Et à défaut d’un départ volontaire, une des deux alternatives s’offraient à eux :

Soit,

  • Bénéficier de leur part de cotisation, sans part patronale (sans couverture de la CNPS) ;
  • Bénéficier du trop-perçu, avec l’encadrement de la CNPS.

C’est donc à partir de ce niveau que naît la confusion. Celle-ci est d’autant plus douloureuse qu’elle traîne jusqu’à ce jour, de nombreuses victimes qui peinent depuis longtemps, à faire entendre leur voix. Nous donnons ce jour, la parole à l’une d’entre-elles. M. Simon TCHIAZE n’a connu que déconvenues depuis que le vent de la privatisation a commencé à souffler. Recruté le 1er Août 1978, il totalise au moment de la privatisation (Avril 1999), vingt-et-une années de service. Son matricule REGIFERCAM en donne la preuve : 78-557N. Mais la CTPL n’en retient que dix-neuf.  Le signal est donné et il est loin d’appréhender les tumultes auxquelles il sera soumis deux décennies plus tard.

Vous êtes ancien de la REGIFERCAM et depuis votre départ volontaire de CAMRAIL en Mai 1999 (voir Annexe n° 1), rien n’a l’air de marcher…Que peut-on retenir de vos déboires ?

De mon Statut particulier puis qu’ayant atteint 21 ans de Service à la REGIFERCAM, soit 240 mois de Service, seuls 224 moins furent retenus par la CTPL. Toutes choses qui m’imposaient un dilemme quant à la conduite à tenir. Néanmoins, j’opte pour l’encadrement de la CNPS avec bénéfice du trop-perçu. (Voir Annexe N° 2)

Mais à quel moment arrivent vos ennuis ?

Je n’ai jamais obtenu de numéro CNPS depuis lors, encore moins l’État de mes Cotisations.

Quelles actions avez-vous entreprises dans le sens d’y voir clair ?

J’ai fait des allées et retour entre les différents liquidateurs, sans suite. Chacun me renvoyant vers l’autre. Et nous voici presque deux décennies après sans réponse. En plus, il faut voir dans la lettre[1] de M. Michel  OSSOK, du service Administratif de CAMRAIL, adressée le 03 Novembre 2004 au Chef Centre Provincial de la CNPS – Littoral- douala (voir  Annexe n° 3) pour comprendre que j’ai été sacrifié….

Comment parvenez-vous à cette déduction ?

Dans l’ordre de la liste, j’occupe le 178è rang. A la troisième colonne, correspondante au « matricule assuré CNPS », le mien n’existe pas. Comment l’expliquer ? Soit une omission, soit une négligence, soit la preuve d’une mauvaise foi. Mais de qui ? Je n’en saurai dire.

En regardant de manière appuyée la même liste, l’on se rend compte qu’en marge du défaut de votre matricule CNPS, tous ceux qui comme vous souffrent du même problème, sont déclarés à la dernière colonne comme étant « parti » ou mieux absents. N’y voyez-vous pas un lien causal avec votre départ volontaire de CAMRAIL en Mai 1999 ?

La CTPL qui crée tout ce mouvement travaillait avec la REGIFERCAM, c’est-à-dire avant la privatisation. CAMRAIL n’est pas connue. C’est à la CTPL qu’incombe le devoir d’avoir bien fait son boulot. Le contraire ne saurait à ma connaissance être la faute de CAMRAIL. En plus, au moment des tractations, le Syndicat avait négocié et obtenu que nous soyons payés conformément aux textes en vigueur. Ce qui peut encore fâcher est que, tous ceux qui parmi nous, sont morts un mois après, sont logés dans la même enseigne que moi.

Propos recueillis le  30 Octobre 2016

Par  Emmanuel  MOMO

[1] Lettre qu’il découvre en 2016 grâce aux bons soins d’un autre Cheminot.

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