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Lorsque le bon sens s’émousse;

L’irrationnel nous tient captifs;

La paix et la cohésion sociale sont en péril….

 CAS DU LAMIDAT MATAKAM-SUD

Feu Mouzkota compte parmi les premiers occupants du lieu dit Dzavaya, où il s’installe peu avant les indépendances. Cultivateur, il a droit de jouissance sur plusieurs hectares de terrain. C’est fort de cet acquis, qu’il se donne le plaisir dans les années 70, à offrir une partie de ces terres à M. Sakava. Cette opération n’est pas une vente, puisqu’aucun acte ne l’entérine encore moins ne le matérialise. Entretemps, Sakava meurt peu avant 1974 et ses orphelins quittent le site entre les années  2000 et 2001, laissant derrière une case en ruine. Une autre facette de notre constat fait observer que même décédé, le couple Kasava n’a pas été inhumé à Dzavaya.

BOUE MOUZBOTA constatant l’absence des « Sakavas » et touchant du doigt les vestiges de ce que fut leur concession familiale, décide de re-viabiliser le coin. C’est alors que M. Gazawa  Douvama saisit la balle au rebond et s’installe sur le site dès 2005. Cette opération est rendue possible après avoir informé le Lawane de Mokola qui nous l’a d’ailleurs confirmé. Ce « cours d’eau » que nous pouvons baptiser « Gazawa », restera tranquille contre vents et marées tout au long de ces années. Il faut attendre Avril 2011, au moment où cet espace a déjà pris vie, pour entendre des voix s’élever. Et l’on peut naturellement se demander pourquoi avoir attendu presque seize ans avant de réclamer un terrain abandonné ? Pourquoi avoir laissez-faire M. Gazawa depuis 2005, pour ne réagir que maintenant ? Que cachent les stratégies du Lamido de Matakam-Sud, lorsque ces affidés décident de déloger M. Gazawa au profit des orphelins Sakavas ?

Le bon sens peut-il admettre qu’après un si important investissement comme l’illustre l’image ci-contre, l’on puisse déloger le propriétaire, l’investisseur, au profit  d’un tiers qui clame son autorité sur l’aire occupée ? Qui est même l’occupant dudit terrain ? Qui mérite de l’être ? Les dérives caporales d’un autocrate suffisent-elles à être transformées en source de Droit ?

Incohérence dans les revendications  des descendants de Sankava

  • L’aire litigieuse n’a jamais appartenu aux Sakavas..Occuper un terrain, y avoir droit de jouissance, n’implique pas ipso facto un droit d’appartenance. Encore que, sous le prisme de l’analphabétisme, nos contrées les plus éloignées des phares de la civilisation, savaient matérialiser des actes de vente. Pour autant, les Sakavas auraient pu brandir ou indiquer une de ces preuves laquelle d’ailleurs n’a jamais existé.
  • Si de manière inconsciente, le couple Sakava décédé s’est vu inhumer loin des terres litigieuses, c’est comprendre que cette terre ne leur a jamais appartenu. Le subconscient au moins ici a dicté aux descendants, la conduite à tenir à l’heure de l’inhumation.
  • Et si le psychique s’était trompé dans son rôle, quelle raison avanceraient les Sakava pour justifier leur silence qui dure seize (16) ans autour de cette terre qui subit des « raids » ? Eurent-ils besoin de laisser M. Gazawa investir tant, pour prétendre avec l’appui du Lamido, s’accaparer de tout ?

IMMATURITE DANS LA DEMARCHE DU LAMIDO

Convoquer les parties « belligérantes » et refuser tout débat contradictoire, est signe d’extrême faiblesse pour ce monarque qui semble confondre les époques. On ne saurait trancher une affaire, sans avoir au préalable pesé les arguments des différentes parties en conflits. Et à propos, nos enquêtes révèlent que les sieurs  Boué Mouzbota,Gazawa et leur témoin n’ont pas pu faire entendre leurs voix par le Lamido et tout de go avait tiré ses conclusions en faveur des Sakavas. Toutes choses qui militent en faveur d’une présumée manipulation du « Roi » qui aurait « stérilisé » son bon sens :

  • Il a de ce pas dépêché ses « gros bras » sur le terrain afin qu’ils délimitent le terrain. Sur ces entrefaites, M. Gazawa perd ses maisons au profit des Sakava.
  • Gazawa devrait se contenter des 15mètres entourant son investissement…

DE LA BONNE FOI DE M. GAZAWA

En dépit de l’injustice qu’il subit, il déclare être attaché aux valeurs pacifistes et militera toujours pour le compromis. Aussi estime t-il qu’à défaut d’être maintenu sur cette aire, il se contenterait d’être dédommagé, selon la procédure conforme aux textes en vigueur au Cameroun.

DE LA NÉCESSITE DE PRENDRE EN COMPTE  LES US ET COUTUMES MAFA

Témoignage de S.M Keleved Silak, djaoro (Chef de quartier)

Que vous rappelle la transaction qui eut lieu entre les feus Mouzkota et Sakava ?

Je garde les souvenirs d’une cérémonie, le « Guimboua » qui avait eu lieu ce jour-là. En fait, Mouzkota donnait la possibilité à Sakava d’exploiter une partie de ses terres.

Sur la base du « Guimboua », ne pensez-vous pas que Boué ait eu tord de céder à Gazawa ce qui depuis plusieurs années appartenait déjà à Sakava ?

Retenez que le « Guiboua » n’avait aucun lien avec une opération commerciale. Elle voulait dire que Sakava était autorisée d’exploiter la terre, mais Mouzkota en restait le légitime propriétaire. C’est cela la signification. Ce qui revient à dire qu’à tout moment, le propriétaire peut vous donner un délai de déguerpissement et selon nos rites, vous serez obligé de libérer. C’est ce qui s’est passé entre Boué et les Sakava.

Est-ce à dire que le même rituel aurait été perpétué entre Gazawa et Doué ?

Du moment où, ce rituel reste en vigueur il n’est pas exclu qu’il ait eu lieu entre les deux que vous citez. Dans tous les cas, cela ne m’intéresse pas à le savoir puisque le « Guimboua » n’est pas une obligation, mais une option. Soit vous vendez, soit vous donnez pour exploitation.

Comment appréciez-vous la divergence de vue entre le Lamido et vous, dès lors que sa décision pour cette affaire, ne prend pas en compte le « Guimboua » ?

Aucune divergence de vue. Lorsqu’un policier viole la loi, est-ce par ignorance ? C’est un choix et le Lamido n’a jamais jugé cette affaire. Il a juste pris une décision.

« NUL N’EST CENSÉ IGNORER LA LOI »  ne dit-on pas souvent !

Voilà un bon prétexte qui a souvent servi à « hypothéquer » bien de destins. Qu’on crie urbi et orbi que nul n’est censé ignorer dans une marre d’ignorants, fait réfléchir sur la vraie direction vers laquelle les « pilotes » de notre destin veuillent bien nous conduire. Et c’est naturel, facile à vérifier le constat assez clair selon lequel rien n’est fait par le législateur encore moins par la justice pour sensibiliser les masses sur l’essence des lois en vigueur au pays. Et si d’ailleurs quelques bonnes volontés s’y sont « aventurées », L’eussent été avec quels espoirs de résultats dès lors qu’au petit coin de la rue, ce sont ces gardiens de la loi qui les premiers les violent sous le prisme de leurs intérêts égoïstes ?

La question reste d’une importance capitale et mérite que l’on s’y attarde. Bien dommage de constater que les opérations de distribution des denrées alimentaires à Mokolo, Mora,  Kousseri,  se sont transformées en véritables comices où des serviteurs de l’État se mettent plein les poches, au détriment des ayants droit. Tous les dons empruntent des voies illégales, sont revendues aux commerçants et peuvent être rachetées par les bras séculiers de boko haram qui s’approvisionneraient dans nos marchés. Nous nous refusons de nommer untel « enamien[1] » ou untel autre « OPJ[2] » tout corps confondus,   mais vivement que le gouvernement mette ses fins enquêteurs sur le terrain et tout y sera découvert. Pour le moment, nous nous permettons de rendre public un cas gênant qui s’est produit au lieudit Kourgui, banlieue de la ville de Mora.

Le 02 Avril dernier, au cours de la distribution des dons aux déplacés en pleine de la Chefferie de Kourgui, des fautes ont été détectées par nos collaborateurs qui tôt ont informé Sa Majesté OUMATE ABBA, le jeune chef de Kourgui. En quoi consistaient ces fautes ?

POUR RECEVOIR LEURS DONS LES PERSONNES[3] DONT LES SUIVENT ONT REMIS A  M. BABAROU[4]  LES MONTANTS CI-APRES :

  • Tata Oumar : 700F ;
  • Ache : 700F ;
  • Doudou : 750F ;
  • Hawa : 750F ;
  • Hawalaguen : 700F ;
  • Mal Garba : 700F ;
  • Emat Abba : 700F ;
  • Amsyoko : 1000F (pour avoir présenté l’Acte de Naissance au lieu de la CNI) ;
  • Amina : 1000F ;
  • Chouaïbou : 700F

Plutôt que de rappeler ses hommes à l’ordre, il s’est permis de vilipender notre équipe qui s’est vue humiliée par le monarque lequel sans se faire prier, déclare «  allez dire, je suis et reste le chef ici ».

C’est le lieu de regretter que toutes ces opérations servent toujours des intérêts des complices. En 2015, réagissant au recensement sollicité par le P.A.M[5], les fils de cette chefferie se sont livrés à une opération de porte-à-porte qui consistait à collecter cent francs (100F) par habitant, en contrepartie de leur enregistrement sur les listes des bénéficiaires des dons. Au final, tous ces contribuables de circonstance n’ont jamais eu les dons annoncés en pompe.

      Fait le 14 Mai 2016

Emmanuel K. MOMO

[1] Diplômé de l’Ecole Nationale de l’Administration et de la Magistrature

[2] Gendarmes et Policiers qui s’enrichissent à travers ce commerce qui fait honte aux hommes intègres.

[3] La liste est non exhaustive

[4] Frère Cadet du Chef  OUMATE ABBA

[5] Programme Alimentaire Mondial

Annexe

les  Acteurs de la Scène

PORTRAIT  PSYCHO-CARACTERIEL ROLE
 

 

1

 

 

 

BOUE MOUZBOTA

46 ans, Intuitif, réservé avec un sens profond de la famille, il n’a malheureusement pas confiance en lui-même. Il est fils de Mouzkota, premier propriétaire du terrain. C’est donc lui, en qualité d’héritier qui cède le terrain litigieux à M. Gazawa Douvama, après que les enfants de Sakava (décédé) l’aient abandonné.
 

2

 

DJAORO (CHEF QUARTIER)

De son vrai nom Keleved Silak, 79 ans,  il est ambitieux, l’incarnation de la force et du pouvoir, ses efforts butent à un déficit de confiance en lui-même, ajouté à son intransigeance et sa résistance à ne pas céder au compromis. Le poids de son âge ait de lui, une figure de l’histoire de ce village. Du coup, son témoignage sonne comme étant l’une des pistes les mieux défrichées dans la gestion de cette crise.
 

3

GAZAWA DOUVAMA 39 ans, intransigeant, rigoureux et surtout sincère, il souffre d’un repli sur soi qui peut être nuisible à son épanouissement. Nouvel occupant du terrain abandonné par les descendants de Sakava. Il y a investi depuis 2005. Et c’est 11 ans plus tard, soit en 2016 que les enfants de Sakava déclenchent les hostilités en réclamant leur « terrain ».
4 GUEBAVA ANDRE 37ans, Interprète. Sa présence n’a aucune incidence sur le cours  du dossier.
 

5

LAMIDO MATAKAM-SUD Intransigeant, peu disposé au compromis. Informé de la crise foncière par les enfants de Sakava, il envoie trois jours plus tard son adjoint et son secrétaire « trancher » de manière la plus pittoresque et ubuesque.
 

6

 

LAWANE MOKOLA

De son vrai nom Albert Badaï, au moins sexagénaire, il est doté de grandes aspirations et reste pour le moins tellement prudent qu’il semble manquer de tact dans l’exercice de sa fonction. Il est foncièrement peu conciliant, « mauvais » arbitre des différends. Rencontré pour discuter de la situation, puisqu’étant l’une des autorités traditionnelles les plus compétentes, il est resté évasif, méfiant et hésitant.
7 MOUZKOTA Etre de nature sédentaire, manque de mobilité, déficit de confiance, quelque peu timide. Très actif, mais aussi très nerveux. Propriétaire incontesté du terrain litigieux pour s’y être installé peu avant les années 70. Il meurt en 1994 sans avoir jamais vendu la parcelle de terrain qui attise les convoitises.
8 NGUELEO-DAÏDOUVAMA 66ans, timide par essence mais d’une rigueur qui donne peu de flanc à la négociation. Il est aussi un homme doté d’une grande force morale et physique Il est ici, un autre témoin de l’histoire
9 SAKAVA Sédentaire, timide et souffrant d’un déficit de confiance en soi, cet homme est particulièrement un dictateur.. Il est dans la genèse de cette affaire, l’homme qui le premier reçoit le droit de jouissance sur le terrain litigieux, selon le rite mafa dénommé « Guimboua ».
10 SAKAVA DESCENDANTS  

R.A.S

Après avoir abandonné le terrain suite au décès de leurs géniteurs, ils resteront muets plus d’une décennie, et un jour décideront de récupérer leur terrain et « déracinant » M. Gazawa Douvama

 

DEPOSITION

 

  • BOUE MOUZBOTA, Cultivateur. CNI n° 11490599 du 05/7/2013 à EN03 – Domicilié à Madaka – Polygame – 11 enfants
  • GAZAWA DOUVAMA, Enseignant. CNI n° 109096383 du 14/7/2008 à EN03- Domicilié à Mokola-Polygame de 13 enfants. Tél. 678.149.193.
  • GUIBAVA André, Mécanicien. CNI N° R 1141710087 du 08/4/2000. Domicilié à Mokolo. Monogamme et Un enfant. Tél. 675.617.483
  • NGUELEODAÏ DOUVAMA. Cni N° 11802905 du 05/10/2015 à EN03 – Domicilié à Mandaka. Monogamme de 04 enfants.
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